Bitch

de Marianna Palka

Avec

Marianna Palka, Jaime King, Jason Ritter

Année :

2017

Pays :

États-Unis

Durée :

93 min

Genre :

Drame

Production :

Elijah Wood, J. Waller, D. Noah

**Première française**

Synopsis

Jill n’est pas ce qu’on peut appeler une femme épanouie. Son mari Bill la délaisse, ne pense qu’à son travail et la trompe sans le moindre scrupule, tandis que ses quatre enfants s’éloignent de plus en plus. Brusquement, elle commence à se comporter comme un chien.

L’avis de Valg : Il s’agit là d’un film en compétition dont le synopsis laisse présager une prod complètement barrée dans la droite lignée d’un Greasy Strangler que je n’avais pas spécialement aimé d’ailleurs mais ceci est un autre débat. Alors que le concept de base est assez fort et aurait pu nous prendre par surprise, nous surprendre, il n’en est rien. Le film n’est pas mauvais en soi mais tombe un peu à plat. Sa première partie offre des séquences dynamiques qui surfent sur du tragi comique inspiré. Et malheureusement la suite tombe dans une narration extrêmement convenue et oublie d’exploiter son concept de départ à savoir la transformation en chien d’une pauvre ménagère classe moyenne plus qui croule sous les désideratas de ses sales morveux et son mari adultère. On pourrait en parler longuement mais ce n’est pas le propos de cette série d’article. En conclusion, Bitch reste un bon film avec de très bons acteurs mais n’a pas, à mon avis, sa place dans un tel festival.

L’avis de Fonzi : Le pitch et le titre (improbable tout comme son précédent long-métrage intitulé Good Dick !) nous promettait un film déjanté, hors des sentiers battus. Malgré quelques longueurs, la première partie de ce film tient cette promesse notamment d’une part grâce au jeu d’acteur du mari qui m’a évoqué dans son côté burlesque et exagéré Chaplin ou Buster Keaton et d’autre part bien-sûr pour le concept du film qui voit une femme se transformer ou plutôt agir comme un chien quasiment instantanément. D’ailleurs pourquoi un chien ? Et quel chien se recouvre de sa propre merde ? Hormis les aboiements, son attitude relève plus de celle d’une bête indéterminée faisant penser au film The Woman de Lucky Mckee plutôt qu’à véritablement un chien. Bref à partir de là, le film change de ton et on perd toute la substance de base du film pour rentrer dans une comédie dramatique lambda pleine de bons sentiments qui est certes touchante mais n’exploite en rien tout le potentiel d’un scénario pareil. On dirait que le film ne sait jamais sur quel pied danser… De la comédie, de l’horreur, du drame ? Un peu tout…et un peu rien. La transformation de la femme devient totalement anecdotique et n’est finalement qu’un prétexte pour nous servir une histoire familiale somme toute assez banale. On est à la croisée de Didier avec Alain Chabat, The woman de Lucky McKee et The Descendants d’Alexander Payne avec George Clooney…. J’ai trouvé Bitch peu enthousiasmant mais cela n’en reste pas moins un bel effort.

 

Kodoku : Meatball Machine

de Yoshihiro Nishimura

Avec

Eihi Shiina, Takumi Saito, Ami Tomite

Année :

2017

Pays :

Japon

Durée :

108 min

Genre :

Horreur, Science-fiction, Comédie

Production :

T. Kusunoki, T. Sakamoto



**Première française**

Synopsis

Anonyme quidam tokyoïte, Yuji se découvre un cancer qui ne lui laisse que quelques semaines à vivre. Or, quand la ville est recouverte d’un immense dôme de verre extra-terrestre, Yuji n’écoute que son courage et part combattre les nécrobrogs, ces monstres venus de l’espace.

L’avis de Valg : Si vous êtes fan de feu Sushi Typhoon boîte de prod qui a accouché des Tokyo Gore Police et autre Alien vs Ninja, alors ce film est un incontournable. Tous les ingrédients qui ont fait la réputation de cette équipe de déviants sont bien présents : du gore, beaucoup de barbaque et du sfx à l’ancienne comme on l’adore. C’est cheap et les mecs s’en cognent. Son réalisateur, qui officie sur à peu près tous les métiers dans cet OVNI nippon (réalisation, scénario, maquillage etc), nous balance une totale liberté créative en pleine gueule et franchement ça fait du bien. Cerise sur le gâteau pour les amateurs de film de kung fu, on nous offre un super clin d’oeil à Drunken Master dans plusieurs séquences de baston giclantes à encrasser la rétine. J’espère que pour les fans un éditeur se sacrifiera pour nous sortir une petite galette à la hauteur de cette production qui le mérite largement.

L’avis de Fonzi : Quel choc ! Choc des cultures déjà. Chaque fois que je regarde un film de genre japonais, c’est la réflexion que je me fais. Ils ont leurs propres codes et le résultat est à la hauteur de leur démesure : une surenchère de gore et de kitch à la sauce science-fiction-horreur-ultra-low-budget. Il n’y a aucune limite et cela en devient ultra jouissif. Si critique sur la société il y a, honnêtement on n’en a plus rien à foutre. On a parfois l’impression d’assister à un BioMan version gore et pour les connaisseurs quelques autres petites références y sont plus ou moins dissimulées. Un petit bémol cependant pour ma part, c’est le problème du rythme. On a une première partie assez classique et sobre où l’on suit un mec un peu loser essayer de faire face à ses problèmes d’argent et sans prévenir… une bite est coupée et on prend toute la purée en pleine gueule. Tout part en vrille de façon soudaine et brutale. Cela donne un léger sentiment de lassitude sur le dernier tiers du film mais la conclusion est bien trouvée et inattendue. Un grand merci à l’Étrange Festival qui nous permet de voir des pépites comme celle-là.

 

LA SECTE