Avec

 Tomás Milián, Adrienne Larussa, Georges Wilson

Année :

 1969

Pays :

 Italie

Durée :

 99 min

Genre :

 Biopic, Drame

Production :

 Filmena

La sentence
 
Tarabiscoté
Extrait du film Liens d’amour et de sang

Synopsis

L’époque de l’Inquisition. Francesco Cenci, un seigneur sanguinaire, terrorise son entourage. Beatrice, sa fille, tente d’échapper à son père. Se rendant compte des agissements de celle-ci, il décide de l’enfermer au donjon. La jeune femme commence alors un jeu de manipulations afin de se soustraire au joug de son bourreau. C’est compter sans la cruauté des hommes…

Critique

Ce film montre une fois de plus après Selle d’argent que Lucio Fulci, l’un des grands maîtres italiens de l’horreur et du gore, s’est essayé à différents genres. Là où certains réalisateurs mythiques ont brillamment réussi leur exploration des genres cinématographiques à travers leur filmographie, je pense par exemple à Stanley Kubrick ou Steven Spielberg entre autres, Lucio Fulci lui s’y est cassé les dents et c’est peu de le dire. Avant de trouver et de s’épanouir dans son genre de prédilection, il s’est semble-t-il quelque peu égaré… 

Liens d’amour et de sang est un film historique qui se base sur un fait divers survenu en Italie durant la Renaissance en 1595. Ce fait divers connaît plusieurs adaptations cinématographiques, dont Le Château des amants maudits, réalisé par Riccardo Freda en 1956.

Film féministe avant l’heure, on assiste ici au drame vécu par Béatrice Cenci qui tente de mettre fin à la tyrannie de son père et de s’en libérer en entraînant ses proches dans son action vengeresse. Son père est interprété par un acteur bien de chez nous, Georges Wilson, père de Lambert et grand acteur de théâtre. Son visage dur est parfaitement adapté à ce rôle de puissant seigneur sanguinaire à la solde de l’Eglise, du Pape et de son Inquisition. On peut néanmoins se demander ce que Georgie est venu faire dans cet obscur film de seconde zone seulement connu et apprécié des aficionados de Lucio Fulci.

Outre cette volonté affichée de représenter une lutte contre un patriarche en roue libre, Liens d’amour et de sang propose également un regard critique sur les liens flous entre le pouvoir et l’Eglise de l’époque, tous deux totalement corrompus et prêts à crucifier pour ramasser quelques deniers. La situation a t-elle vraiment évolué depuis cette époque ? La question se pose. Un film comme Spotlight mettant en image le scandale des prêtres pédophiles de Boston au début des années 2000 montre à quel point, encore aujourd’hui, l’Eglise est puissante et intouchable dans notre société en protégeant la vermine qui la compose pour sauvegarder ses propres intérêts.

Fulci nous montre ici un autre visage de la Renaissance que celui proposé habituellement. Un visage barbare et cruel notamment marqué par la torture interminable et très violente (à l’époque de la sortie du film) du pauvre Olimpo.

Il est extrêmement difficile de s’attacher aux personnages, et ce pour différentes raisons. D’abord par la structure narrative de ce film, en effet Fulci multiplie les ellipses et les flashbacks et il devient vite très difficile de suivre, de comprendre l’action – quitte à décrocher – et finalement de ressentir la moindre empathie pour les personnages. La souffrance vécue par Béatrice Cenci est réelle mais très mal amenée et elle apparaît finalement comme quelqu’un de froid et calculateur. C’est sans doute un parti pris de Fulci qui finit par nous faire douter de qui est la victime et qui est le bourreau. Olimpo, l’amoureux transi prêt à tout pour sa Béatrice et n’appartenant pas à sa caste est le seul personnage qui semble honnête et sincère et celui qui va le plus en baver. CQFD

Les fans de Fulci y trouveront sans doute leur compte, on retrouve sa patte en termes de mise en scène. Quelques scènes gores mais on est loin du torture porn annoncé. Ce film réalisé en 1969 marque une étape dans sa filmographie. Malgré tout, cette construction trop alambiquée ne se justifie pas vraiment et rend la narration beaucoup trop confuse pour être emporté par ce drame historique.

FONZI

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