Avec

 Sam Richardson, Milana Vayntrub, Glenn Fleshler

Année :

 2021

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 106 min

Genre :

 Comédie horrifique

Production :

 Ubisoft Film & Television, Vanishing Angle

La sentence
 
Bien fait

Synopsis

Le ranger Finn Wheeler vient d’être affecté dans la petite ville tranquille de Beaverfield. Rapidement, il en fait le tour et la connaissance de Cécily, la postière qui le briefe sur les habitants quelques peu singuliers de cette bourgade, divisés sur un projet de pipeline en cours. Mais les choses se gâtent lorsque des attaques surviennent, apparemment le fait d’un animal. A cette occasion, les  vieilles histoires, querelles et rancœurs entre les résidents ressurgissent…

La critique

Le réalisateur de cette comédie horrifique est Josh Ruben qui a déjà œuvré dans ce registre avec un premier long, Scare me dans lequel il était à la fois réalisateur et acteur principal. Fort de ce petit succès, Ruben remet  assez vite le couvert en prenant pour base de son second long, une thématique déjà bien exploitée à l’écran, celle du loup-garou (le mythique Hurlements signé Joe Dante, Le Loup-garou de Londres de John Landis ou encore Wolf de Mike Nichols pour ne citer que ces trois-là). 

J’avoue avoir eu quelques a priori avant visionnage de ce film lorsque l’on sait qu’il s’agit d’une adaptation du jeu vidéo Werewolves Within édité par Ubisoft, également producteur du film. Ce genre d’exercice débouche bien souvent sur des daubes sans consistance et qui misent tout sur la popularité du jeu dont ils sont l’adaptation. Pas toujours fort heureusement et Loups-Garous fait partie des exceptions qui confirment la règle. Le réalisateur a eu ici l’intelligence d’en faire un film avec une histoire à part entière. L’accent est mis sur les personnages qui sont bien construits, avec chacun leur caractère bien trempé. Le point fort de ce film réside vraiment dans son casting et dans les rapports qui s’instaurent ou que l’on découvre entre les différents protagonistes de ce scénario original signé Mishna Wolff (ça ne s’invente pas !). Pour faire un petit tour d’horizon des intervenants, nous avons le ranger sympa et altruiste qui a le béguin pour la charmante factrice,  un couple de riches gays, l’ermite asocial, le chasseur et d’autres personnages bien farfelus. L’ensemble évolue dans un contexte de division sur un projet pétrolier mais aussi sur fond de vieilles histoires enterrées mais qui vont refaire surface au fur et à mesure que la tension monte du fait des attaques meurtrières. 

Au fond, cette histoire de loups-garous apparait davantage comme un prétexte à faire réagir et évoluer les personnages vers une sorte de paranoïa collective où chacun soupçonne son voisin des pires crimes. Dans cette situation d’angoisse, la nature humaine reprend le dessus face à l’hypocrisie sociale du bien vivre ensemble et chacun va laisser libre court à ses fantasmes, pour certains réprimés depuis des années. Cette montée en tension est habilement négociée et fonctionne à merveille à l’intérieur du groupe. L’intrigue est menée tambour battant par notre ranger, flanqué d’acolytes qu’il connait à peine, le tout sur un ton comique mais sans jamais basculer dans l’humour potache. Les dialogues finement pensés y sont pour une grande part mais aussi quelques scènes cocasses réussies qui viennent de temps à autres rythmer ce petit manège. 

Ce film ne mise pas ou peu sur le visuel puisque le loup-garou est constamment évoqué, suggéré, fantasmé mais pratiquement jamais montré. Cela  démontre une fois de plus, le parti pris de cette comédie de mettre l’accent sur autre chose, prenant en quelque sorte le contrepied de ce que l’on aurait pu s’attendre à trouver ici. Tant mieux car ce faisant, le réalisateur évite bien des écueils. Le scénario évolue vers une enquête policière digne d’un Agatha Christie où le groupe affolé peine à se montrer solidaire, où les individualités finissent par prendre le dessus et où finalement chacun se rend compte que le plus grand danger n’est peut-être pas le loup-garou qui rôde à l’extérieur mais bel et bien l’un des leurs… 

Le point faiblard de ce film reste malgré tout, le final un peu décevant quand on a vu le travail et les efforts faits tant par le réalisateur que par les comédiens pour faire s’envoler cette petite comédie jusque là. Le loup-garou qui se décide à montrer le bout de son nez à la fin aurait peut-être dû rester planqué sans jamais se dévoiler. Le final aurait sans doute gagné en cohérence et en crédibilité car là, on a l’impression de basculer dans un autre registre moins mature, plus caricatural. Mais ce final ne fait quand même pas oublier tout ce qui précède et qui vaut le coup d’œil car les objectifs sont largement atteints.

DARKO

L'article t'a intéressé ? Dis-le nous !

Abonne-toi pour ne rien manquer !
1 like = une cervelle fraîche pour un petit zombie