Avec

 Annabelle Wallis, Maddie Hasson, George Young

Année :

 2021

Pays :

 États-Unis

Durée :

 111 min

Genre :

 Thriller, Horreur

Production :

 New Line Cinema, Atomic Monster, Starlight International, Boom! Studios

La sentence
 
Grand Guignolesque
Bande-annonce de Malignant

Malignant est le dernier film réalisé par James Wan, référence du cinéma d’horreur depuis le début des années 2000 et son film Saw qui a révolutionné le genre et qui a donné naissance à une des franchises cinématographiques les plus prolifiques de tous les temps. S’en sont suivis les Conjuring et spinoff et Insidious. Depuis peu, il a répondu aux sirènes des studios pour réaliser un épisode de Fast & Furious et finalement un film de super-héros. On a l’impression que pour continuer à exister à Hollywood aujourd’hui, il faut en passer par là et vendre en quelque sorte son âme au Diable. Peu nombreux sont les acteurs d’hier ou d’aujourd’hui n’ayant pas participé à un film super héroïque. Wan étant spécialisé dans le cinéma de genre et plus précisément dans l’horreur/épouvante/thriller, on peut se demander en quoi il était le choix le plus judicieux pour réaliser un film sur l’un des personnages les moins bandants de l’univers DC. Étrangement, les films DC sont en train de s’accaparer plusieurs autres réalisateurs s’étant fait connaître avec le cinéma d’horreur comme Jaume Collet-Serra et Andy Muschietti. Bref.. Entre deux “Aquaman”, James revient à ses premières amours et nous livrent le film Malignant qui démontre au bout du compte un certain essoufflement du monsieur nous permettant de mieux comprendre les raisons qui l’éloigne de son genre de prédilection.

Malignant, c’est l’histoire d’une jeune femme, Madison, vivant une relation toxique avec son compagnon. Suite à une violente dispute, elle commence à avoir des visions d’un tueur exécutant ses victimes avec une grande brutalité. Ces visions la perturbent énormément, la poussant à chercher la vérité sur ce qui la lie à ce meurtrier.

La séquence d’intro nous met tout de suite dans l’ambiance. On comprend très vite que ce film puise son inspiration dans les films d’épouvante qui ont marqué un passé plus ou moins lointain. Un château lugubre isolé dans une nature sauvage abritant une sorte d’asile psychiatrique dans lequel des expériences diverses et variées sont pratiquées sur des monstres humains. Hémoglobine, lumière néon rouge, une ambiance rosso façon giallo que ne renierait pas Dario Argento. D’emblée on se dit que le film part sur de bonnes bases mais la suite oscille entre curiosité, déception et finalement surprise et étonnement. On a le sentiment que Wan s’est un peu perdu dans la manière de raconter son histoire et dans les sous-genres amalgamés qui rendent la lecture, ou plutôt le visionnage, de ce film parfois incohérent et chaotique dans les sentiments et émotions qu’il peut nous procurer. Est-ce un film d’horreur, un thriller fantastique, un slasher, une comédie horrifique frôlant le nanar ? Un peu tout cela à la fois. Malheureusement, par voie de conséquence, nous sommes nous aussi un peu désorientés par tout ce maelstrom. 

La grande majorité du métrage suit cependant une narration assez classique et linéaire composée de diverses investigations pour faire avancer le schmilblick en compagnie de flics au charisme d’une huître. A vrai dire, l’ensemble du casting est à revoir bien que ce soit probablement plus un problème d’écriture. Difficile de ressentir la moindre empathie pour ces personnages. L’antagoniste, loin d’être vraiment terrifiant, est une sorte de croquemitaine ninja armé d’un poignard qu’il a fabriqué lui-même et pratiquant le kung fu. Sa dégaine fait penser à un croisement entre un monstre de Frank Henenlotter et David Cronenberg et du personnage du jeu vidéo Soul Reaver pour ceux qui s’en souviennent.

J’avoue avoir été surpris par la révélation finale et le dénouement de cette histoire qui s’apparente définitivement au registre grand guignolesque. Curieusement ou non, ce rebondissement a donné du relief et de l’originalité à ce film et permet de remettre en perspective bon nombre de choix opérés par Wan dans la réalisation de son long-métrage qui reprend des couleurs sur le fil du rasoir. On a vu plus barré mais on sent malgré tout un James Wan en roue libre qui s’est fait plaisir pris en sandwich entre deux réalisations d’Aquaman où la contrainte et la frustration créative sont sans doute les maîtres mots. On est loin du chef d’œuvre mais Malignant n’est pas dénué d’originalité, d’humour et nous rappelle aux bons souvenirs de quelques pépites du cinéma de genre que l’on affectionne.

FONZI

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