Long métrage faisant suite à la série du même nom datée de 1972, Mazinger Z raconte l’histoire de Koji Kabuto qui doit remettre le couvert pour tenter de sauver le monde. La sortie de cette production nippone hommage à Go Nagaï est prévue dans nos salles le 22 novembre 2017. On l’a vu en avant-première et on vous envoie nos impression quasi à chaud.

Valg : Pour parler un peu du contexte, les conditions de visionnage étaient au poil. Petite salle réservée à la “presse” quasi intimiste avec finalement assez peu de participants dans laquelle on a pu savourer pleinement, sieste incluse on y reviendra, le visionnage de Mazinger Z infinity.

Fonzi : Je dois reconnaître que j’ai eu les paupières bien lourdes par moments moi aussi. Ne m’étant pas du tout renseigné sur le film auparavant et compte tenu de l’affiche au rendu relativement réaliste j’étais persuadé qu’on allait assister à une adaptation live du manga comme ça se fait couramment depuis quelque temps (Ghost in the shell, Death note etc…). Quelle n’a pas été ma surprise en voyant des personnages sortis tout droit d’Olive et Tom, même coiffeur, tout pareil, évoluant au milieu de robots géants en 3D dans de somptueux décors peints. Le mélange est assez hétéroclite, tu ne trouves pas ?

Valg : Oui le mélange de techniques rappelle un peu les tentatives des premiers Disney. C’est plus très à la mode c’est sûr mais je pense que l’aspect old school de la 2d traditionnelle est travaillé de manière à rendre hommage à la série d’origine parce que les animes nippone 2D récente ne ressemblent pas à ça. De ce point de vue, je trouve à Mazinger Z infinity un côté nostalgique plutôt sympathique. Et la 3D a qu’on aime le style ou pas est superbement maîtrisée, surtout en terme de mise en scène. Dans le genre, l’intro envoie du bois.

Fonzi : Pour envoyer, elle envoie. Trop à mon goût. Ca va extrêmement vite, ça explose de partout, on comprend rien à ce qu’on voit mais pour autant on sent une vraie maîtrise technique. On passe ensuite à l’écran titre très épuré, graphique et classe contrastant avec ce qu’on vient de voir et le film démarre ensuite pour de bon. Mais que de problèmes de rythme. Les scènes de combat sont bien réalisées, bien chorégraphiées c’est vrai mais sur le reste on a tendance à se faire chier… faut bien le dire. L’ennui pour ma part vient aussi du décrochage dû à un scénario bien trop alambiqué. Un ancien héros de guerre reconverti en scientifique de génie avec des problèmes de couple reprend du service pour combattre des robots monstres et un savant fou contrôlant un robot géant légendaire activé par un être proche du 5e élément venu d’un univers parallèle pour éradiquer ou sauver l’espèce humaine etc etc…. je vais prendre une aspirine je reviens…. Bref c’est pas fluide.

Je n’avais pas perçu ce côté nostalgique mais c’est bien vu et c’est drôle de voir que le revival 80’s est la grosse tendance du moment dans le cinéma live, la musique, la mode etc… et visiblement dans le cinéma d’animation aussi. Mazinger Z Infinity dont il faudra m’expliquer la différence avec Goldorak a des qualités indéniables mais ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Valg : Il faut avouer que l’histoire n’est pas le fort de cette production. Et finalement ce problème de rythme est assez fréquent dans les animes de ce genre. C’est dommage parce que globalement, il y a un effort de narration avec un concept et une évolution. Mais c’est en mode grosse ficelle c’est sûr. Le problème là est qu’entre 2 scènes de grosse baston explosive, on a de longues séquences d’explication. Tout passe par le dialogue. Sachant que l’animation est réduite dans ces moments à quelques mouvements de bouches et un reflet qui vibre, clairement on apprend la patience…

Pour l’action, on est dans l’air du temps avec des mouvements et un montage qui rendrait un macabé épileptique. C’est un peu la mode Michael Bay. On aime ou on vomit voir les 2.

Pour la différence avec Goldorak, il faudrait poser la question à un pur fan de la série.

Dans l’ensemble, n’ayant pas l’habitude de voir ce genre de productions, j’ai passé un moment pas trop mauvais. Ce n’est pas un Miyazaki on est d’accord mais ça n’a pas vocation à l’être. Il y a des passages marrants des petites touches d’humour bien glissée comme un robot père Noël sur son traîneau parmi les mechamonstres, c’est juste génial.

 

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