Avec

 Gaia Weiss, Peter Franzen, Romane Libert

Année :

 2021

Pays :

 France

Durée :

 92 min

Genre :

 Thriller, Epouvante-horreur, Science-Fiction

Production :

 Fulltime Studio, Cinéfrance Studios

La sentence
 
Sans réponses
Bande-annonce de Méandre

Synopsis

Une jeune femme accepte de monter dans la voiture d’un inconnu. Alors qu’elle découvre en cours de route qu’il s’agit d’un tueur en cavale, elle est agressée par ce dernier et perd connaissance. A son réveil, elle se retrouve piégée dans une petite salle dont l’unique échappatoire est un tunnel. A son poignet, un bracelet muni d’un compte à rebours. Elle comprend rapidement qu’elle n’a pas d’autre choix que d’avancer le long du tube en prenant garde au temps qui s’écoule et surtout aux différents pièges mortels…

La critique

Méandre est le second long métrage du jeune réalisateur français, Mathieu Turi. Son premier long Hostile est un film post-apocalyptique plutôt bien accueilli (notamment primé au Festival international du film fantastique de Neuchâtel en 2017). Le moins qu’on puisse dire c’est que le réalisateur n’a pas chômé depuis sa sortie d’école puisqu’il s’est précédemment illustré par deux courts-métrages également bien accueillis (Sons of chaos et Broken) ainsi que sur divers projets en tant qu’assistant-réalisateur de pointures comme Quentin Tarantino, Guy Ritchie ou encore Luc Besson.

Alors qu’en est-il de Méandre ? Il s’agit en premier lieu d’un huis clos qui se déroule à l’intérieur d’un long tunnel menant tantôt à de petites pièces ou à d’autres tunnels. Bref, le spectateur ne sait absolument pas de quoi il s’agit ni la raison pour laquelle la jeune femme se retrouve dans cette situation et le plus important, il ne le saura jamais ! Donc pour celles et ceux qui détestent rester sans réponses à la fin d’un film, la frustration risque fort d’être au rendez-vous après visionnage. Ensuite, la scène du début rapidement passée aux oubliettes  (la rencontre entre notre héroïne et le meurtrier qui la prend en stop) semble n’avoir absolument aucun intérêt avec le suite du film. Là encore, le spectateur reste avec ses interrogations.

Passé ce premier écueil, le spectateur évolue en même temps que la jeune femme avance en rampant le long des tunnels. Les variations de rythmes résultent essentiellement du déclenchement de pièges de temps à autres. La tension monte alors d’un cran avec notre héroïne qui est prise d’un coup de stress. Les fameux pièges en question ne brillent pas par leur originalité (lance-flamme, pièces inondée ou encore la présence d’un homme ou d’une créature à moitié carbonisée qui de temps à autres apparaît mystérieusement et poursuit la jeune femme). On est bien loin des pièges cruels et sadiques d’un Saw. Surtout, ce film m’a de suite fait pensé à Cube de part le scénario mais  même si l’influence et l’inspiration y sont présentes à coup sûr, Méandre ne parvient pas à se hisser à un niveau équivalent. On pourrait aussi le rapprocher du dernier d’Alexandre Aja (Oxygène) dans le genre huis-clos mettant en scène une jeune femme comme personnage central.

La mise en scène n’est pas vraiment mauvaise puisque le spectateur suit néanmoins l’avancée de la jeune fille peut-être dans l’espoir vain d’obtenir quelques réponses à ses questions qui ont tendance à se multiplier au fur et à mesure du visionnage. Méandre manque surtout cruellement de cohérence et sans doute aussi d’originalité. Il y a chez Turi, un potentiel indéniable, une certaine maîtrise technique mais il ne parvient pas à se détacher des codes du genre, s’en inspire mais sans apporter sa touche personnelle et c’est ce qui plombe un peu ce film qui aurait pu être nettement mieux ficelé avec un peu plus d’idées et surtout davantage de cohérence. D’ailleurs, l’absence d’explications sur le pourquoi du comment démontrent aussi que le film n’a pas été suffisamment élaboré et pensé au plan du scénario quasi inexistant au final. C’est là assurément la grande faiblesse de ce film.

Enfin, en bout de parcours, le réalisateur nous balance dans une sorte de lieu paradisiaque dont on ne sait trop quoi penser. Même la jeune femme apparaît paumée et ne sait plus quoi faire, flanquée de sa petite fille décédée. Si le spectateur prend un peu de hauteur et extrapole, il pourrait penser qu’il s’agit tout simplement du Paradis où la mère endeuillée par la perte de sa fille se trouve libérée de son fardeau terrestre après diverses épreuves. Mais alors que penser de l’apparition ou plutôt de la suggestion d’existence de possibles créatures ou d’ombres extra-terrestres qui seraient derrière ce mauvais coup ? Là encore, des questions qui resteront sans réponses.

Malgré les nombreux écueils dont souffre Méandre, nous souhaitons tout de même encourager le réalisateur qui nous semble détenir suffisamment de qualités pour nous pondre quelque chose de meilleur et nous démontrer au passage que le succès de son premier long n’était pas seulement dû à la chance du débutant.

DARKO

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