Avec

 Nathan Stewart-Jarrett, Kelly Sry, Brian Huskey

Année :

 2019

Pays :

 États-Unis

Durée :

 105 min

Genre :

 Comédie, Drame

Production :

 Parkside Pictures

La sentence
 
Feel bad movie
Bande-annonce de Mope

Les films sur l’univers du porno sont assez rares. On peut citer Boogie Nights de Paul Thomas Anderson avec Mark Wahlberg ou Wonderland de James Cox avec Val Kilmer qui sont deux films librement inspirés de la vie de John C. Holmes, légende du porno des années 1970-80.

À l’inverse, le film Mope nous dépeint une face moins “glorieuse” si je puis dire de l’univers du X. Les “mopes” sont les moins-que-rien de l’industrie et sont réduits aux basses besognes que les têtes d’affiche, les harders, les performers ne s’abaissent pas à faire. Coups de pieds dans les couilles, nettoyer le foutre des autres, golden showers etc… à peine digne d’une éjaculation comme le suggère la présentation du film. 

Ce film s’inspire d’un véritable fait divers sur le “destin” de Steve Driver et de son pote Tom Dong surnommés les “Chris Tucker et Jackie Chan du porno”. D’ailleurs, hormis la couleur de peau, rien ne les rapproche du duo du film Rush Hour… On assiste à leurs efforts assez pathétiques pour sortir du statut de mopes et s’élever tant bien que mal dans la pyramide du porno.

La scène d’ouverture est extrêmement percutante et pleine de promesses. On se retrouve dans une espèce de chambre noire à l’éclairage rouge remplie de mecs plus repoussants les uns que les autres, à moitié à poil en train de s’astiquer le manche. Un son assourdissant et un ralenti viennent souligner le côté irréel de la situation rappelant une forme de transe. Une scène que Gaspar Noé n’aurait pas reniée. La lumière passe au vert, les fauves se réveillent, se mettent en mouvement et commencent à hurler à l’unisson “BUKKAKE !! BUKKAKE !!” sur fond de “Chevauchée des Walkyries” de Wagner. N’étant pas un aficionado du porno, j’avais déjà entendu le terme mais personnellement je ne savais pas ce que c’était. On comprend très vite avec la suite de la séquence de quoi il s’agit. Un femme nue à genoux sur une bâche se fait encercler par la meute en rut et je vous laisse imaginer la suite. Sous la pression et le regard de toute l’assistance et du réalisateur qui le menace de le virer, Steve est un peine-à-jouir. Dans le groupe, Tom va l’aider à décharger. Leur amitié est née de ce moment et le film démarre.

Steven et Tom décident de s’associer pour réaliser leur rêve de devenir des stars du porno mais c’est le début d’une totale descente aux Enfers notamment pour Steven. On évolue dans un univers de plus en plus malsain et nauséabond voire crasseux. Le manque d’hygiène du bonhomme est d’ailleurs un élément récurrent du scénario. Steve est prêt à tout, c’est un parasite que tout le monde repousse avec violence. Certaines séquences mettent d’ailleurs vraiment mal à l’aise jusqu’à une apothéose finale où Steven, submergé par le désespoir le plus total, décide à sa manière d’une sorte de vengeance personnelle pour toute cette souffrance accumulée.

Ce film, avec une mise en scène proche du documentaire, nous montre les coulisses d’un univers qui ne nous est pas forcément familier et nous décrit le portrait d’un homme complètement à la dérive cherchant à intégrer un monde qui ne veut pas de lui, qui le vomit. Mope est présenté comme une comédie mais je le trouve dramatique, glauque, pathétique et brutal…Le dernier tiers de ce film se regarde littéralement avec la boule au ventre. Le dénouement est libérateur pour Steve comme pour nous. Ce film comporte certaines fulgurances mais sur la longueur, Mope a du mal à maintenir l’attention et l’intérêt.


Je suis toujours intéressé par les plongées dans les univers underground, mais pas particulièrement par le porno. J’ai notamment revu récemment 8 mm de Joel Schumacher avec Nicolas Cage sur l’univers des snuff movies que j’ai trouvé vraiment réussi mais Mope ne m’a pas accroché. Ce n’est pas un mauvais film en soi mais pour l’apprécier, je pense que vous devez adhérer à ce type d’univers, de personnages et à cette façon de raconter cette histoire. Faites-vous votre propre avis et partagez le avec nous !

Le film est disponible en exclusivité sur la plateforme Shadowz.

FONZI

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