Synopsis

Emilia, une femme de quarante ans est en maison de repos suite à un accident survenu durant sa jeunesse.
Presque trente ans jour pour jour après l’accident, un médecin lui propose de faire une thérapie dans la maison où il a eu lieu afin qu’elle tente de se souvenir du soir où elle est tombée du premier étage et que sa famille a été tuée…

Tout d’abord pour bien situer le contexte, il s’agit d’un court métrage amateur avec des moyens intéressants mais forcément limités comparativement à une production professionnelle. On lance la discussion.

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Darko : Oppression est un court/moyen métrage fait par un jeune réalisateur français (Lilian FLAMANT) dont les débuts paraissent plutôt prometteurs et que j’aimerai ici encourager. Un bon point déjà pour ce qui est du générique fait de quelques plans sombres et de la bande son tout aussi lugubre. Une fois la présentation faite, l’action démarre assez vite (peut-être même un peu trop rapidement d’ailleurs). Le spectateur comprend qu’il a ici affaire à un métrage traitant d’esprits frappeurs pour ne pas dire du « malin ». Les références apparaissent d’ailleurs assez évidentes (on pense à Poltergeist, Conjuring, Ouija et autres métrages du même genre).
Si Oppression ne brille pas par son originalité, pour un coup d’essai et des moyens sans doute limités, je trouve qu’il ne manie pas trop mal les ingrédients du genre, qu’en penses-tu Valg ?

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Valg : Oui le générique met dans l’ambiance très vite. Je trouve justement que l’action rapide est importante. D’abord elle intrigue, elle scotche et encourage le spectateur à suivre le métrage sans être artificiel car il s’agit d’un procédé courant en narration audiovisuelle. L’intro introduit parfaitement, comme elle se doit de le faire, l’histoire dans laquelle on est plongée. De plus le ton est clair et sans surprise. La suite maintient une tension égale avec des pics efficaces, sans jamais trop en faire. Quelques écueils malgré tout que je relève de façon systématique dans beaucoup de métrages et dont Oppression ne fait malheureusement pas l’impasse, c’est la mise en exergue de certains éléments qui finalement n’ont aucun lien essentiel avec l’histoire racontée. Je pense à deux choses ici : le médecin sur lequel on insiste trop via les gros plans et la peluche d’Alf. A moins que quelque chose m’ait échappé, la peluche n’est pas un élément central dans l’histoire non ?

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Darko : A mon avis, la peluche sert juste à faire le lien temporel entre le début et la fin mais je suppose que ça n’a rien à voir avec le personnage d’Alf lui-même. Je suis aussi de ton avis s’agissant de l’écueil évoqué mais dans l’ensemble, je trouve le tout assez homogène. Les effets pour surprendre le spectateur fonctionnent assez bien et la bande-son accompagne la tension qui s’installe progressivement. Oppression plonge le spectateur dans l’univers qu’il s’est choisi à savoir celui de la maison hantée et le décor est vite planté. Le dénouement garde aussi un certain suspense quant à une éventuelle suite… Certains aspects comme la nature et la provenance de l’esprit frappeur auraient mérité quelques approfondissements, peut-être dans le cadre d’un futur long métrage…
Le réalisateur dispose d’une assez belle maîtrise de son sujet et le résultat au final est plutôt concluant. Le métrage se laisse visionner sans difficultés et même avec un intérêt grandissant au fur et à mesure de son avancée. Des débuts qui apparaissent plutôt prometteurs, suffisamment pour être salués

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Valg : Autant pour moi, j’ai zappé la peluche en début de film. Du coup ça fait finalement un bon lien entre passé et présent, lien renforcé par l’affichage des dates tout au long du métrage. Ce procédé fait d’ailleurs bien monter la tension en créant un horizon d’attente, ingrédient souvent essentiel pour qu’un spectateur accroche à une histoire. Autre point qui m’a agréablement surpris ce sont les scènes de nuit. C’est vachement dur de filmer la nuit et là je trouve qu’ils y arrivent pas mal. D’ailleurs la photo d’une manière générale est plutôt sympa.
Et effectivement, la fin ouverte, assez typique du genre et du format, est bien amenée. Je verrai bien ce métrage transformé en long ou, plus dans l’air du temps, en websérie avec épisodes unitaires sans autre fil rouge que le thème. On pourrait imaginer un élément récurrent ou une structure narrative type, un peu dans l’esprit de la série Black Mirror mais sur une thématique différente, celle des esprits frappeurs. J’extrapole un peu mais ça prouve que cette petite prod ne laisse pas indifférent. En tout cas, poursuivez comme ça, cela prouve que le genre n’est pas mort en France, surtout à l’ère d’internet. A suivre de près.

Pour voir ou revoir Oppression

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