Avec

 Jovan Adepo, Wyatt Russel, Pilou Asbæk

Année :

 2018

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 110 min

Genre :

 Guerre, Epouvante

Production :

 Bad Robot

La sentence
 
On en veut d'autres

Synopsis

À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes.

L’avis de Valg

Voilà une bien belle surprise que la sortie relativement discrète de cette série B cinématographique.

Ce film surfe sur la vague qui n’en finit pas de dérouler des années 80 90. Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas ressorti un lot de nazis accompagnés de leur savant fou, tout du moins sur le grand écran.

Bien sûr le dtv est riche de ce genre de prod à la différence près que là, des gens ont mis des moyens. Assis sur un budget de 38 millions de dollars ce qui est assez confortable de nos jours pour un film de ce type, Overlord est en fait une production Bad Robot, rien moins que la boite de prod de Monsieur JJ “Lost” Abrams. Gros avantage car on a derrière tout ça à la fois un amoureux du cinéma, un businessman qui sait ce qui va marcher et un réalisateur de talent. Même s’il n’est pas aux commandes du métrage, force est de constater qu’il n’était pas loin.

Car Overlord est une vraie petite réussite. Pourquoi petite ? Cela reste une série B sans prétention respectueuse d’une époque mais avec les moyens disponibles aujourd’hui. Tous les ingrédients du genre sont là : des très méchants nazis, un personnage secondaire féminin qui en a, un groupe de gentils soldat américains un peu tiraillé (c’est la guerre quand même) mais pas trop non plus. Le tout sans en faire trop.

Le but, et cela est tout à l’honneur des auteurs, n’est pas ici de tomber dans la caricature d’une époque comme le font certains opportunistes frileux, mais de montrer un bon divertissement de genre bien ficelé et sans prise de tête.

Passons au contenu proprement dit. Overlord bénéficie d’une structure narrative efficace et mélange habilement 2 genres en réalité et non 1 et ce de façon très marquée : le film de guerre et le film d’épouvante.

Afin de poser le contexte, c’est d’abord le film de guerre qui prime avec une introduction en huis clos qui tabasse. Gros son et grosses explosion avec une tension à transpirer du derrière sont de mises. Le commencement fait son boulot il accroche d’emblée. p>

Et très progressivement l’histoire bascule dans le fantastique à travers différents personnages qui par petites touches font passer des informations des plus étranges et très intrigantes. Et c’est à la moitié du film que l’on découvre réellement ce dont sont capables ces tarés de nazis avec une scène digne d’un The thing aux effets old school qui nous feraient presque verser une larme de nostalgie. Enfin, le final avec son boss aux super pouvoir est assez mémorable.

La mise en scène minimaliste, bien pensée sans être tape à l’oeil, ni trop original, remplit son rôle de soutien de l’histoire.

En résumé un film à voir car il faut encourager ce genre d’initiative trop peu soutenue sur grand écran. Le cinéma actuel manque fâcheusement de bons petits films divertissants qui ne nécessite pas forcément 10 années de développement accompagné d’un cahier des charges ultra calibré et revu. Alors, si vous ne l’avez pas vu, allez vous faire plaisir tout en faisant une bonne action, le genre a besoin de vous.

L’avis de Darko

Décidément, certains diront qu’on est souvent du même avis mais là, on ne peut que souhaiter la bienvenue à Overlord qu’on a eu la surprise de découvrir sur grand écran. Le plus souvent, il faut chercher du côté des DTV pour trouver ce genre de petit bijoux cinématographique, un peu par hasard.

En tous cas, avis en tous points partagé pour ce film qui mérite d’être salué tant pour sa rareté sur grand écran que pour la belle maîtrise du genre. Le réalisateur, Julius AVERY pose d’emblée le cadre et le film fait penser dès le départ, à un banal métrage dans un contexte de seconde guerre mondiale. Rien de franchement transcendant me direz-vous mais le spectateur suit la narration avec une certaine curiosité, se disant, mais où veut-il nous emmener ? On ne peut s’empêcher de penser qu’il se trame quelque chose d’autre derrière cette première couche de simple film de guerre.

Le genre horrifique associé à la thématique nazie n’est pas vraiment une nouveauté en soi. On peut citer en exemple Outpost, Dead Snow ou dans un genre moins bien réussi, Frankenstein’s Army dont vous trouverez d’ailleurs critique sur ce même blog. Mais Overlord s’en distingue par son histoire (le scénario est suffisamment bien ficelé pour tenir en haleine), ses personnages bien marqués auxquels on finit par s’attacher. Il s’agit certes de personnages caricaturaux mais il n’en demeure pas moins qu’ici, la mayonnaise fonctionne à merveille. Et surtout, la touche surnaturelle qui s’invite dans l’histoire de manière subtile et insidieuse. Le spectateur n’est pas au bout de ses surprises plus on avance dans cette histoire. La bascule vers le surnaturel est vraiment finement amenée, de manière progressive tout en distillant de petits indices pour attiser la curiosité du spectateur. C’est un des aspect que j’ai particulièrement apprécié dans ce film.

Quant aux effets spéciaux, ils sont eux aussi à la hauteur. Le spectateur n’assiste pas à un déluge d’hémoglobine ou de scènes gores gratuites mais le film contient juste ce qu’il faut pour contenter les amateurs du genre. L’histoire sous-jacente fait d’emblée penser à des films de savant fou du genre Ré-animator version nazie. Il y a là quelques clins d’oeil évidents au film culte de Brian YUZNA qui ne nous aura pas échappé. Mais à aucun moment, on ne tombe dans la pâle copie car le contexte et le scénario s’en détachent suffisamment. La force de ce film tient au cocktail savamment dosé d’un film mélangeant de manière subtile, les ingrédients d’un film de guerre avec ceux d’un film horrifique.

Des recettes comme celle-là, on ne peut que savourer et consommer sans modération!

LA SECTE

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