Avec

 Mélanie Laurent, Malik Zidi, Mathieu Amalric

Année :

 2021

Pays :

 France, États-Unis

Durée :

 100 min

Genre :

 Science fiction, Thriller, Drame

Production :

 Gateway Films, Wild Bunch et Echo Lake Entertainment

La sentence
 
Claustros s'abstenir

Oxygène est le nouveau long métrage d’Alexandre Aja, référence française du cinéma de genre en France et dans le monde. Dans l’équipe du blog, nous l’adorons. Il a notamment réalisé le remake de La Colline a des Yeux de Wes Craven qui l’a fait connaître internationalement mais également Haute tension, Horns, Mirrors ou plus récemment Crawl sur lequel nous avions écrit un article.

Oxygène est un huis clos de science-fiction qui nous plonge au cœur d’un cauchemar claustrophobique pendant environ 1h40. Une femme à l’identité inconnue, interprétée par Mélanie Laurent, est enfermée dans une sorte de caisson ultra high tech équipé de tous les sytèmes de survie possibles et imaginables et d’un ordinateur central avec lequel elle peut communiquer. Son principal problème venant de sa réserve d’oxygène qui s’épuise à grande vitesse, elle va devoir trouver le moyen de s’en sortir avant que le compteur n’atteigne 0.


J’ai trouvé Mélanie Laurent assez peu convaincante même si elle semble faire de son mieux. Je n’ai rien contre cette actrice que j’ai adoré dans Je vais bien, ne t’en fais pas par exemple mais elle semble parfois surjouer entre ses crises d’hystérie et de « pleurnicherie » auxquelles on a du mal à adhérer et qui ne font que réduire l’empathie que l’on a pour ce personnage. C’est peut-être bêtement le manque d’habitude de voir une actrice française jouer en langue française dans ce type de films qui d’ordinaire sont plutôt des productions américaines. En comparaison Sandra Bullock dans Gravity était bluffante de justesse.
L’autre personnage principal de ce film est donc l’ordinateur et son intelligence artificielle auquel le comédien Mathieu Amalric prête sa voix. Le casting vocal est parfait, soit dit en passant. La tonalité et le timbre de voix d’Amalric s’adapte complètement à ce rôle qui fait tout de suite penser à la voix de l’ordinateur HAL dans 2001, l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Une voix posée, calme et apaisante. La voix d’HAL avait cependant ce supplément d’âme qui la rendait angoissante et que l’on ne retrouve pas forcément ici. Le casting voix est complété par Éric Herson-Macarel, la voix française de Daniel Craig, Marc Saez, la voix de Gérard Butler et Annie Balestra.

Le réalisateur cherche à exploiter à fond le côté anxiogène de cet espace exigu mais la configuration du lieu, aussi petit soit-il, n’incite pas tellement à la panique. Il peut même avoir un côté assez rassurant. C’est un cocon dans lequel s’opère une renaissance, à laquelle on assiste dans les premières secondes du film, de cette femme qui se réveillent et perce cette sorte de poche amniotique qui l’enveloppe avant d’ouvrir les yeux. Cette cabine possède tout le confort et toute la technologie nécessaire : elle a de quoi se maintenir en bonne santé et un ordinateur qui parle pour lui tenir compagnie. La plupart des gens pendant le confinement du Covid-19 n’avaient pas accès à tant de confort. Les “cabines-cercueils” de Hong Kong où vivent au quotidien beaucoup de gens démunis sont bien plus anxiogènes. Sur cet aspect là, le film Buried qui décrit une situation similaire était plus efficace. Dans Oxygène, l’angoisse vient avant tout du compte à rebours et de cette course contre la mort.

Malgré ces quelques considérations, j’ai suivi ce long-métrage avec intérêt grâce à une mise en scène dynamique et inspirée. J’étais curieux de voir comment Mélanie allait se sortir de ce piège et où nous menait cette intrigue. Le film en dit parfois trop ou pas assez justement et on peut rester sur notre faim concernant certaines pistes abordées dans le but de faire avancer l’histoire. Le dénouement est d’ailleurs intéressant voire passionnant sur ce que cela peut soulever de thèmes et de questionnements sur notre humanité et l’avenir de notre espèce. Malheureusement ce dénouement est vite expédié pour conclure le film.

Oxygène fait office d’OFNI dans le paysage audiovisuel français et rien que pour cette raison et pour soutenir le cinéma de genre en France, je conseille de le voir. Ce n’est pas le meilleur film d’Alexandre Aja, soyons honnêtes, mais c’est un exercice de style de bonne facture qui devrait tout de même vous faire passer un bon moment.

FONZI

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