Épisode 3 : The Possibilities – Épisode 4 : The Serve – Épisode 5 : South Will Rise Again – Épisode 6 : Sundowner

Valg : Tout comme les 2 premiers épisodes dont on a déjà parlé, la série peine à décoller du moins jusqu’au final de l’épisode 5. En fait, j’ai pendant un moment eu l’impression que la série manquait de structure. En fait je m’aperçois au fil des épisodes que la structure narrative globale est peut être basée sur le point de vue de Jesse qui pendant tout ce temps est perdu et ne sait pas trop quoi faire du pouvoir dont il hérite malgré lui. Ce n’est qu’à l’épisode 5 justement qu’on commence tout comme notre curé badass à entrevoir une direction, cependant sans grande certitude.

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Et ce problème, on le retrouve sur pas mal de points. Il y a un peu plein de choses prometteuses mais ça reste encore très hésitant. On a un peu de gore mais pas trop. Des personnages et des scènes qui pourraient être vraiment barrées mais qui ne le sont pas totalement. En gros ça sent la censure.

Ceci dit, je commence à bien accrocher parce qu’il y a justement de bons moments qui donnent de l’espoir. Je pense notamment au final de l’épisode 5 carrément inattendu que je ne spoilerai pas ou encore un beau moment de cinéma à travers une intro dans laquelle on voit un groupe de personnes dans une salle de projection atypique. Dans cette scène dérangeante tout est suggérée et laisse penser à une projection de snuff qui n’est confirmée qu’en fin de scène dans un simple plan d’affichette. Rien n’est montré de manière frontale et pourtant ce passage fonctionne à merveille tant l’ambiance est lourde et malsaine.

Fonzi : Je suis tout à fait d’accord avec toi. Sur ces 5 premiers épisodes on est toujours en train d’avancer à tâtons, voire de piétiner. On pose des éléments de temps en temps qui restent cependant cohérents et qui en disent un peu plus et on a aussi des séquences a priori indépendantes où le lien avec notre narration principale se fait trop attendre. Par exemple la séquence avec le cowboy en 1880. On a une première séquence au début de l’épisode 2 et une seconde au début de l’épisode 5. L’attente est bien trop longue entre les 2 je trouve,ce qui fait perdre un peu le fil sachant que ce n’est pas relié pour le moment (sauf erreur) avec l’histoire du Preacher.

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Mais ce que tu soulèves par rapport à cette narration depuis le point de vue du Preacher est vraiment intéressant et m’a permis de voir la série sous un autre angle. Du fait qu’il est paumé, on est paumé aussi. Toutes les questions qu’il se pose, on se les pose aussi. Il va dans une direction convaincu de faire ce qui est juste et nous on le suit encore. Il prend peu à peu conscience de son pouvoir mais sans le comprendre et sans avoir connaissance des éventuelles conséquences. Je trouve plutôt appréciable cette phase de questionnement où il en discute, il cherche des explications, il teste son pouvoir plutôt qu’un mec qui recevrait un pouvoir de dingue comme ça et l’utiliserait naturellement sans s’en étonner comme on peut le voir dans certains films de « super-héros ». Il en hérite malgré lui c’est vrai mais il se prend rapidement pour l’élu de Dieu… jusqu’à ce que ça dégénère un peu. C’est plutôt jouissif de voir le côté sombre de Jesse et de le voir utiliser son pouvoir avec cet aspect-là supplémentaire. On le voit d’ailleurs souvent partagé entre le bien et le mal, entre sa nouvelle vie et son ancienne. C’est sans doute ce qui a séduit la source de son pouvoir qui est ambivalente de la même façon.

Concernant la séquence dans la salle de projection, j’ai revisionné vite fait l’épisode et il s’agit bien de snuff. Quand le gars au chapeau (très mystérieux) sort de la petite salle de projection, on voit une affiche sur le mur « Snuff Movie Festival ».

L’épisode 3 marque aussi le lancement d’une petite nouveauté : le générique. Sur les 2 premiers épisodes on avait un simple écran titre comme ça peut se faire assez souvent dans les séries aujourd’hui et que je trouve personnellement simple mais efficace. Un générique comme celui du Preacher n’apporte rien, la musique n’est pas marquante et les visuels utilisés pas vraiment intéressants. On est loin des génériques de Dexter, Walking Dead ou encore True Detective. Bref j’ai trouvé ce générique un peu à l’image de la série. Pas mauvais mais pas franchement enthousiasmant.

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J’ai envie de dire un mot sur l’évolution des personnages secondaires aussi. Tulip et Cassidy en tête sont super décevants. Après des séquences d’introduction violentes, sanglantes et même plutôt marrantes, on se fait maintenant bien chier avec eux faut être honnête. Le vampire de 120 ans pourchassé par les chasseurs de vampires. A part le voir en chapeau chinois et peignoir, il n’a pas grand chose à nous proposer. Avec un background comme le sien, c’est dommage. Tulip, pareil. Elle passe son temps à essayer d’attirer l’attention de Jesse, à être jalouse etc… Bon on en sait un peu plus sur leur passé commun mais ça reste trop timide tout ça. Viennent ensuite les personnages de Quincannon qui est vraiment intéressant. Il me fait penser à Proctor dans la série Banshee. Le mec est sans foi ni loi. Son passé, son présent, ses relations avec la ville, Dieu et Jesse, ce personnage a du potentiel. Et un mot sur Donnie, le bras droit du gars mentionné précédemment, qui semble être le seul habitant de la ville à voir ce qui se trame chez Jesse et qui se fait vraiment malmener par ce dernier. Et ça fait plaisir car ce connard est le genre de connard à humilier les plus faibles par la force, le genre caïd du lycée. Bref du bon et du mauvais pour ces différents personnages.

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D’accord avec toi pour le final de la saison 5, on a le sentiment d’enfin rentrer dans le vif du sujet. A mi-saison il était temps…

Darko : Je partage carrément ton avis Fonzi sur l’évolution des personnages dans cette série. Mes impressions du début se confirment malheureusement sur l’aspect décevant de ce casting et surtout la manière dont les personnages interagissent. Tout d’abord, et toujours en référence à la BD, je trouve la relation sentimentale entre Jesse et Tulip carrément plate et sans passion. Dans la BD, au contraire, cette histoire d’amour est au coeur de l’aventure et il y a un lien quasi fusionnel entre les deux. D’ailleurs, amour et sexe sont intimement liés puisque dans la BD, tous deux passent un sacré temps à nicker comme des bêtes peu importe le lieu. Ils ne peuvent s’en empêcher.
Dans la série, on a une pauvre Tulip qui coure désespéremment après notre preacher du dimanche qui, lui semble s’en foutre un peu tant il est intéressé par son nouveau pouvoir. Bref, un gros mauvais point sur cet aspect.

Même chose pour Cassidy qui manque d’envergure. Dans la BD, c’est le méga pote de Jesse. Tous deux passent leur temps à boire des coups et à discuter de leur vie passée. Dans la série, ce lien d’amitié n’est pas réellement exploité et la relation a un goût de superficialité. D’une manière générale, tout cela me semble manquer cruellement de profondeur et c’est franchement dommage car c’est ce qui fait aussi la force des personnages de cette super aventure du moins s’agissant de la BD. Quant au personnage de Quincannon, il n’est pas trop mauvais mais là encore, bien en-deçà de celui de la BD qui en plus d’être un caïd sans foi ni loi, se trouve être aussi un bon pervers sexuel! Mais on aura peut-être l’occasion d’en découvrir davantage sur lui au fil des prochains épisodes…

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Alors, assez curieusement, je me suis un peu moins fait chier sur ces quatre épisodes comparé aux deux premiers très lents et limite soporifiques. Sans être là encore transcendants, je trouve qu’il y a du mieux niveau rythme surtout dans le démarrage du 6ème épisode. Ca laisse encore un peu d’espoir pour faire vraiment que cette série décolle enfin! Mais il est vrai que le fait d’avoir lu la BD avant, me fait porter un regard très critique sur cette série qui, de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, ne parvient pas à encore faire s’envoler cette aventure comme on le souhaiterait.

Pour rebondir sur la structure qui semble a priori, pas très cohérente notamment l’histoire du cow-boy qui parait complètement détachée de celle du Preacher, cela me fait un peu penser, pour le moment, à des structures comme on peut voir dans un Pulp Fiction à la Quentin Tarantino. C’est peut-être pas anodin puisque l’épisode 6 en fait référence. Des histoires qui paraissent sans lien mais qui vont se recouper à un moment donné de l’aventure avec un fil conducteur. Donc, on le saura là encore, en faisant l’effort de visionner les prochains épisodes!

Mais bon, au bout de 6 épisodes, je dois avouer que je ne suis pas encore tout à fait convaincu par la qualité de cette série pourtant très prometteuse tant la BD est excellente!

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