Avec

 Michael Daniel, Rachel Johnson, Aurora Lowe

Année :

 2019

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 85 min

Genre :

 Horreur

Production :

 Mistik Jade Films

La sentence
 
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Bande-annonce de Sator de Jordan Graham

Lorsque j’ai vu la bande-annonce aux mystérieuses images noires et blanches granuleuses, j’ai de suite espéré une production horrifique expérimentale aux inspirations lynchiennes assumées . Les sélections dont l’affiche se pare ainsi que les nombreuses critiques élogieuses m’ont laissé penser à un petit chef d’œuvre indé bien ficelé.

Et là, dès la première demi-heure de visionnage, c’est la douche froide. Mais avant de dérouler brièvement les raisons de mon heure trente de souffrance, voyons de quoi essaie de parler ce film.

Sator suit l’histoire d’Adam, récemment secoué par une mort mystérieuse dans sa famille, qui se replonge dans l’histoire de ses ancêtres et tente de prouver l’existence d’une présence connue sous le nom de Sator qui, selon lui, traque sa lignée depuis des siècles.

Grâce à sa belle ouverture à l’ambiance lente et pesante, Sator titille la curiosité et donne de l’espoir. La séquence laisse entrevoir avec intelligence une œuvre plastiquement réussie qui vous retournera le cerveau. Du moins c’est ce que j’espérais. Malheureusement c’est de cette lenteur que vient le souci de ce film car Jordan Graham n’a pas su exploiter l’atmosphère établie dès les premières minutes.

Basculant rapidement sur une image colorée sans grand intérêt photographique, on comprend avec déception que le noir et blanc est une astuce visuelle pour différencier le temps du film des flash back familiaux. 

Le film évoquant la notion de souvenir et notamment ceux que l’on peut oublier, les flash back prennent leur juste place dans cette histoire. Mais le concept est constamment dit, évoqué mais finalement jamais montré plastiquement. Et c’est la deuxième déception de ce film ambitieux malgré son maigre budget.

On aurait pu imaginer une évolution du traitement de l’image noir et blanc qui vient à disparaitre peu à peu, un passage progressif à la couleur ou d’une manière plus générale un brouillage des frontières entre souvenir et temps présent. Le concept était extrêmement riche en traitement scénaristique et visuel, les 2 aspects devant se répondre mutuellement afin d’offrir une expérience cinématographique passionnante pour le spectateur malheureusement floué.

Dans une interview de Jordan Graham, ce dernier explique qu’il a mis 7 années pour mettre sur pied ce projet filmique. Et je me dis, mais pourquoi faire. Durant 7 années, le réalisateur a t-il gardé son projet secret ? Il est curieux de voir à quel point il passe à côté de tout ce qui aurait pu donner lieu à un petit OFNI créatif marquant.

Au lieu de cela, on nous sert une production que l’on retient fauché, aux relents faussement arty et au concept creux tant son sujet n’est pas exploité. Jordan Graham officie sur plusieurs postes. Il a entre autres, écrit, réalisé, mis en son et j’en passe sa production. Et là où un Robert Rodriguez aux multiples casquettes s’en sort avec habileté, sens de la mise en scène et grande créativité, Jordan Graham aurait dû s’octroyer l’aide d’une petite équipe solide afin de construire un film bien mieux bâti et original.

Malgré un final sympathique bien que classique, Sator laisse le spectateur sur sa faim et malgré quelques vagues tentatives horrifiques, il ne fait pas le job.

A découvrir si vous êtes curieux et pour vous forger votre propre opinion sur Shadowz.

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