Avec

 Josh Ruben, Aya Cash, Chris Redd

Année :

 2020

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 104 min

Genre :

 Anthologie horrifique

Production :

 Artists First

La sentence
 
Innovant

Malgré l’effort dont font preuve les amoureux du film à sketches horrifique, il faut bien avouer que le chemin est sacrément balisé au point de lasser une audience mollement enthousiaste. Mais avec le premier long métrage de Josh Ruben, Scare Me, le scénariste réalisateur et acteur dépoussière le concept pour en faire une production minimaliste. Scare Me propose non pas de montrer mais de raconter des histoires, littéralement, en ouvrant une voie inédite pour un sous-genre moribond. 

De quoi parle ce film pas comme les autres ? Fred (Josh Ruben), un rédacteur frustré, s’installe dans une cabane d’hiver pour entamer son premier roman. En faisant du jogging dans les bois voisins, il rencontre Fanny (Aya Cash), une jeune auteure d’horreur à succès. Lors d’une panne de courant, Fanny met Fred au défi de raconter une histoire effrayante. Alors qu’une tempête s’installe, ils passent le temps à raconter des histoires effrayantes alimentées par les tensions entre eux. Fred est alors obligé de faire face à sa peur ultime: Fanny est la meilleure conteuse. Les enjeux sont augmentés lorsqu’ils reçoivent la visite d’un pur fan d’horreur (Chris Redd) qui apporte de la légèreté, et une pizza, à la soirée.

De base, la structure du film est celle qui aurait pu fonctionner à merveille dans une anthologie plus traditionnelle, le film faisant la transition entre chaque conte écrit et réalisé par ses propres cinéastes. Mais Josh Ruben va surprendre le spectateur. Cette fois ce sont Fred et Fanny qui, face à face, vont conter et jouer leurs histoires de vive voix, les faisant évoluer au fil des critiques de chacun. Cette approche prend ainsi le spectateur à revers et le plonge dans un inconnu pas toujours très confortable mais loin d’être ennuyeux. 

Et l’exploit en revient sans aucun doute aux deux acteurs conteurs soutenus par une écriture et une mise en scène ingénieuses, qui portent totalement le film, et même qui font le film pourrait on dire. Totalement immergés dans leurs histoires, les protagonistes semblent occuper en live tous les postes d’une production audiovisuelle. Ils racontent, jouent , mettent en scène et vont même jusqu’à “bruiter” leur narration. Et ils parviennent à accrocher le spectateur qui retrouve son âme d’enfant le temps d’un film.

Autre élément narratif donnant un peu d’épaisseur aux personnages et créant le fil rouge essentiel à ce sous-genre : cette jalousie constante de Fred vis à vis de celle qui le regarde du haut de son petit succès littéraire. Peut être peut on même y voir un rapport de force lié à une opposition homme femme, concept tendance actuellement. En tout cas, sur le plan narratif, ce choix fonctionne parfaitement, insérant de la personnalité et une tension constante dans les histoires racontées.

Les acteurs investissent réellement leur personnage et semblent sincèrement s’en amuser ce qui donne au film un côté extrêmement rafraîchissant tout en évitant l’humour souvent potache des comédies horrifiques. Ici de fait, tout est suggéré. Josh Ruben parvient à trouver un équilibre entre une mise en scène théâtrale et la proposition de jeu de comédie qui va avec et un subtil travail de cinéaste capable de tenir en haleine le spectateur.

Sans spoiler, Scare Me semble faiblir un chouilla à la fin, mais grâce à son approche innovante et théâtralement minimaliste de l’anthologie, grâce à des personnages fascinants et à des performances brillantes de Ruben, Cash et Redd, je pense que ce long métrage ne manquera pas de ravir. à la fois les amateurs de genre et les spectateurs en général.

En France, le film est actuellement disponible sur Shadowz.

VALG

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