Avec

 Giuliano Gemma, Sven Valsecchi, Ettore Manni

Année :

 1978

Pays :

 Italie

Durée :

 100 min

Genre :

 Western spaghetti

Production :

 Rizzoli Film

La sentence
 
Sauce Tomate Avariée

Synopsis

Voulant contester la vente d’un terrain auprès du propriétaire Richard Barrett, un fermier et son fils vont trouver son homme de main. Pour toute réponse, ce dernier tue le père. Le garçon ramasse l’arme et abat froidement le meurtrier, puis emporte avec lui sa belle selle d’argent. Quelques années plus tard, sous le nom de Roy Blood, l’enfant est devenu un chasseur de primes redouté. Un jour, on lui propose de régler une affaire mettant en cause le frère de Barrett.

Critique

Réalisé par Lucio Fulci, maître incontesté d’un genre différent qu’on lui connaît bien, Selle d’argent semble être l’un des rares westerns qu’il ait réalisé. Et heureusement.

Le film reprend les ingrédients qui ont fait le succès de ce genre d’exploitation ultra épuisé en Italie durant les décennies 60-70.
Sorti en 1978, Il survient même à une époque déjà postérieure à la dégringolade de ce genre typiquement italien. Cela explique peut être le succès qu’il a rencontré, rendant à sa manière un ultime hommage à un cinéma populaire qui compte de vrais chefs-d’œuvre incontestablement culte grâce notamment à des pointures telles que Sergio Leone. 

D’une réalisation calibrée, Selle d’argent suit un cahier des charges balisé. L’action, élément central du genre, y est omniprésente, et l’orientation morale de tous les personnages n’est jamais tranchée. Mais la violence et la créativité très visuelle que l’on retrouve dans des franchises telles que Django traînant derrière lui son cercueil poussiéreux, semble bien timide ici. On pouvait espérer, surtout de la part du réalisateur d’un film comme Frayeurs, au moins les prémisses de quelque chose de beaucoup plus audacieux pour boucler en beauté un genre disparu.

Arrivant à peu près à mi parcours de sa filmographie stakhanoviste qui ferait presque pâlir un Takashi Miike, sans mauvais esprit, ce western propose à un publique certainement large une réalisation et une photographie propre qui démontre parfaitement le savoir faire technique d’un vieux routard de 51 ans qui semble tout de même un tantinet paresseux.

L’écriture est limpide et mortellement structurée en 3 actes, scolairement entrecoupés d’explications gros sabots révélant à chaque occasion un pot au roses à peine attendu, I-RO-NIE. Au moins, on ne risque pas un semblant de doute narratif. 

Sans grande surprise, même les acteurs, ces pauvres bougres, semblent être posés là comme des pièces d’un jeu d’échec que l’on déplace et fait parler au gré des maigres rebondissements.

Soyons beau joueur, on ne va pas pour autant cracher dans une soupe à laquelle on ne peut désormais plus goûter. Le film n’est pas avare de moments authentiquement sympathiques. Pour les quelques morceaux choisis on retiendra le salto avant réalisé par le héros Roy Blood joué péniblement par Giuliano Gemma, dont la liste de films est aussi longue que celle d’un Rocco; le petit blondinet bien propre sur lui dégommant au couteau un serpent qu’on croyait menaçant; ou encore le monologue de Garrincha, ultime méchant tout juste  teasé mais n’apparaissant qu’à la fin du film, qui relate une histoire de none bonnasse crucifiée dont on aurait aimé avoir plus d’image. Pour cette dernière scène d’ailleurs, difficile de savoir s’il faut rire ou avoir peur.

En bref, Selle d’argent est destiné aux affamés de culture ciné et aux curieux de la filmographie pré-goresque du Maestro Lucio Fulci. Saupoudré de quelques bonnes idées, il reste malheureusement trop timoré, pour une production de ce type, pour rester dans les annales, non Rocco c’est la bonne orthographe, de l’histoire du cinéma d’exploitation italien. A prendre donc comme une étape dans le travail gargantuesque de son réalisateur.

VALG

L'article t'a intéressé ? Dis-le nous !

Abonne-toi pour ne rien manquer !
1 like = une cervelle fraîche pour un petit zombie