Avec

 Jason Clarke, Amy Seimetz, John Lithgow

Année :

 2019

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 100 min

Genre :

 Epouvante, Horreur

Production :

 Paramount Pictures, Di Bonaventura Pictures

La sentence
 
Inconsistant

Mardi dernier (2 avril), nous avons eu le plaisir de nous rendre à l’avant-première de l’adaptation de Simetierre (écrit par Stephen King en 1983) réalisé par Kevin Kölsch et Dennis Widmyer. Je ne les connaissais pas mais comme Google est mon ami, j’ai appris que Kevin et Denis avait collaboré auparavant sur un des segments d’Holidays, un film d’horreur américain à sketches auquel a également participé Kevin Smith. En termes d’animation autour de cette avant-première, rien de folichon comme souvent. A noter tout de même le goodies qui fait toujours plaisir : une chouette illustration numérotée du film (Cf photo ci-dessous) et surtout une “animation” dans la salle de cinéma. Les enfants masqués de l’affiche du film ont débarqué en procession dans les rangs. Pas un mot, pas un son. Ils sont ressortis comme ils sont rentrés. L’ambiance était posée et le film a démarré …

Voici le pitch en quelques mots : Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s’installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l’aide d’un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques. (Source Allociné)

Pitch on ne peut plus classique, pour un film malheureusement qui ne l’est pas moins. Voyons pourquoi. On se rend très vite compte que Kevin et Dennis, nos réalisateurs,  n’ont pas ce qu’on peut appeler une patte artistique. C’est visuellement très convenu, sans surprise ni parti pris de cadrage ou de photographie comme on a pu le voir dans la dernière adaptation de IT (qui a fait l’objet d’un article par nos soins il y a quelques temps). Adaptation certes imparfaite et avec des inspirations qu’on peut éventuellement lui reprocher dans la tendance revival 80’s du moment mais cela avait tout de même une certaine gueule. Ici on est plus dans du téléfilm amélioré. C’est “propre” avec un peu de gore timide sur de courtes séquences. Comme dans la plupart des productions horrifiques actuelles et de qualité moyenne on se retrouve avec un abus certain de “jumpscares”. Un procédé qui reste efficace mais qui doit être utilisé selon moi à bon escient et avec parcimonie. Un exemple flagrant nous montre que ce n’est pas le cas ici : un camion passe sur la route donne lieu à un jumpscare. Au cas où l’on avait un doute sur le rôle de ce camion dans la narration, le jumpscare nous l’ôte sans ménagement. Et c’est ainsi sur la plupart des scènes, horrifiques ou non. Tout est fait pour les rendre prévisibles. Musique d’ambiance, sons, jeux des acteurs… La musique est d’ailleurs d’une inconsistance absolue. Il est bien loin le temps des incroyables musiques stressantes de Carpenter (Halloween), Mike Oldfield (The Exorcist) ou encore Bernstein (A Nightmare On Elm Street).

Côté acteurs, la petite Jeté Laurence (Ellie Creed) livre une performance intéressante. Jason Clarke, le père, a un vrai faciès de thriller je trouve, un visage ambivalent qui lui permettrait de jouer aussi bien les bons père de famille que les ordures absolues. On retrouve un peu cet aspect là dans certains de ses rôles mais c’est en général largement sous-exploité à mon goût. Et j’ai eu le plaisir de retrouver John Lithgow, qui a marqué mon enfance dans le segment réalisé par George Miller dans le film à sketches adapté de la Quatrième dimension aux côtés de Joe Dante et Steven Spielberg. Son rôle secondaire est malheureusement assez insipide. Il évoque un moment donné le Wendigo, un monstre de la mythologie amérindienne. On aperçoit la bête en illustration et je trouve qu’on passe certainement à côté de quelque chose d’énorme et vraiment terrifiant…bien que cela reste probablement une digression par rapport à l’oeuvre originale.

Je suis allé voir Simetierre totalement vierge de toute référence littéraire ou cinématographique donc j’ai vu le film pour ce qu’il était et non pour ce que j’attendais de lui par comparaison avec les originaux. Et je pense que c’est mieux ainsi. N’attendant rien je n’ai pas été spécialement déçu mais en tant que cinéphile, je peux dire que ce film ne mérite pas vraiment le détour. On ne s’ennuie pas mais pour un public un tant soit peu exigeant et pour les gens appréciant les films plus jusqu’au-boutistes comme moi, je vous suggère de passer votre chemin.

FONZI

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