Synopsis

Après avoir bâclé un hold-up, Ritchie, un voleur professionnel, est chargé par son patron, un riche homme d’affaires, de se rendre en Russie afin de dérober une croix antique enfermée dans le coffre-fort d’un immeuble. Toutefois, bien qu’ayant récupéré le butin, les choses ne se déroulent pas comme prévu puisqu’il se retrouve bloqué au treizième étage de la tour avec ses deux complices et leurs otages. Les événements prennent une autre tournure quand un tueur commence à vouloir les éliminer.

La critique

Botched (ouais on va dire ça comme ça parce que Terreur au 13ème Etage ça va vite être redondant à la longue) emprunte le procédé magnifié par Robert Rodriguez dans Une Nuit en Enfer. Si on croit au départ qu’on est paisiblement installé devant un thriller de bas étage ce n’est que pour mieux nous envoyer une seconde partie gore et drôle à souhait. Autant vous prévenir tout de suite : le ton volontairement niaiseux et très mal joué ira de votre patience à vouloir pousser la lecture jusqu’au bout. La présence de Stephen Dorff et Sean Pertwee au casting n’arrange rien au ton radicalement secondaire qui y est employé. Seulement, on comprendra par la suite la justification d’un tel parti pris. En effet, ce sentiment de se retrouver face à une pâle copie d’un thriller haut de gamme comme ont pu nous le sortir les Quentin Tarantino et autre Michael Mann (pour ne citer qu’eux) nous traverse la tête, et pas qu’une fois. On suit tant bien que mal les déboires de Ritchie mais ce n’est que lorsqu’on se retrouvera devant les deux bras cassés qui lui servent de complices qu’on commencera à prendre plaisir et surtout à comprendre que le film ne se prend pas du tout au sérieux. On a affaire à un cas de figure vu des milliers de fois au cinéma où la tête pensante se voit bafouée par une équipe loin de faire l’affaire. Il ne manquera plus que l’apparition d’un rat voleur de tête tranchée pour comprendre qu’on risque fortement de libérer la boite à zygomatiques dans cet étage d’immeuble peu commode.

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Les otages possèdent tous une caractéristique bien précise. Encore une fois, rien de bien original les concernant mais il faut bien avouer que voir cohabiter un puceau, un ex-marine, une femme fatale ou encore un groupe de catholiques extrémistes est une recette qui paye toujours. Le contexte huis clos / survival se met en place non sans prendre tout son temps faisant naître des envies de meurtres chez le spectateur. Certains des personnages agacent tellement qu’on ne rêve que de les décapiter le plus rapidement possible. Il n’en faut pas plus pour que Ryan décide, enfin, d’ouvrir en grand les vannes à hémoglobine. Ça se tranche et se tire dessus avec frénésie en offrant des punchline bien grasses qui vous obligeront à vous tenir les côtes en tout temps. Soyez-y bien accroché d’ailleurs parce que lorsque vous découvrirez l’identité du détracteur, on ne garantit pas votre état d’hilarité. Le film va toujours plus loin dans ses situations loufoques et il le sert de manière tellement assurée qu’on ne peut que saluer ce premier effort de la part de Kit Ryan. Botched est un concentré de tout ce qui faisait les succès des perles rares dans les vidéoclubs à l’époque. C’est un film réservé à une élite qui aime ce genre de cinéma et qui peut se gratifier de ne pas répondre à la norme des films de genre actuels.

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Il faut faire un détour par la bande originale. La connerie ambiante qui l’habite va jusque dans le choix des morceaux employés. On a vraiment l’impression que Ryan y concrétise un gros délire qu’il a eu avec ses potes un soir un peu trop alcoolisé. C’est d’ailleurs dans ces conditions qu’il faut apprécier le film. On vous le donne en mille : des potes, des pizzas et un gros pack de six optimiseront les performances de cette tour infernale où débilité reste le maître mot. En définitive, on oublie et on pardonne bien vite une exposition un peu terne pour s’abandonner pleinement à cette course effrénée entre les victimes et…c’est dur pour nous de ne pas vous dévoiler l’identité du tueur tellement on ne s’y attend pas. On émet des doutes quant à son existence un peu avant son apparition mais jamais on ne pourrait penser à ce que ça se concrétise. Le moins que l’on puisse dire c’est que Kit Ryan ose et le spectacle est véritablement assuré. Encore une petite perle sortie directement en vidéo chez nous qu’on peut s’exposer fièrement aux côtés d’autres classiques du genre tel Bad Taste. S’il n’atteint pas l’excellence en termes d’effets gores comme on a pu le voir chez papa Jackson, on en sort tout de même ravi. Et puis ce rat, ce rat…retenez bien qu’il y a un rat !

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Botched est une petite perle de la comédie qui fait du bien par où elle passe. Il assure un très bon moment pour quiconque lui donnera sa chance jusqu’au bout. Il n’évite malheureusement pas certains défauts qu’on a décidé de passer sous silence ici parce qu’on veut bien que vous compreniez que le jeu en vaut vraiment la chandelle. À privilégier en VF pour un plaisir décuplé (ça fait presque promo pour du gel lubrifiant tout ça !!) qui ne manquera pas de vous faire fondre pour ce magnifique accent russe que nos chers doubleurs ont essayé de coller aux dégénérés de cet ovni.

TONYO