Synopsis

Susan, une mère célibataire, et ses deux garçons Dane 16 ans et Lucas 13 ans emménagent dans une petite ville de campagne, loin des tourments de la ville. Les deux enfants ne tardent pas à explorer leur nouvelle maison et découvrent dans la cave une mystérieuse trappe donnant sur ce qui semble être un trou sans fond. Alors qu’ils tentent avec l’aide de leur voisine de comprendre ce phénomène défiant toute logique, d’étranges événements commencent à se produire dans la maison…

La critique

Un film de plus qui n’aura pas trouvé de distributeur en France ni même aux Etats-Unis et connaîtra le même sort que bon nombre de productions qui ne méritaient pas cela : une sortie Direct-to-video. Certes ce film est loin d’être un chef d’oeuvre mais il ne manque pas de qualités. Pour la génération Y dont je fais partie, nous avons grandi avec les films de Joe Dante : Les Gremlins, Hurlements et tous les autres. Les nombreux clins d’oeil à ses précédentes oeuvres raviront les fans. Dante reste dans sa filière, et par nostalgie pour cette époque, ce film fait son petit effet. The Hole préfère une atmosphère fantastique plus psychologique et intimiste à une débauche d’effets spéciaux comme cela peut être la tendance aujourd’hui. En cela The Hole est un film à contre-courant comme a pu l’être Super 8 de JJ Abrams en 2011, lui aussi jouant sur cette fibre nostalgique.

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L’idée de ce film est plutôt intéressante. Le thème exploité ici est celui de nos peurs, et notamment nos peurs d’enfance. Ne serait-ce que le lieu clé de l’action : la cave, cet endroit sinistre qui a indubitablement effrayé de nombreuses générations de gamins de tout temps. C’est sombre, parfois humide. On peut y entendre des sons et bruits plus qu’étranges. Souvent situé sous le niveau du sol, ce n’est pas un endroit rassurant. Cette peur est irrationnelle, et les réalisateurs de films, ces sadiques, s’en sont donné à coeur joie depuis toujours. La particularité de la cave de cette maison c’est ce trou sans fond fermé à double tour par une trappe. Ce trou matérialise nos peurs les plus profondes une fois que l’on y a jeté un oeil. Il nous sonde, psychanalyse express et nous met face à nos propres angoisses pour essayer de les combattre. On devrait tous avoir un trou comme cela dans notre cave, c’est moins cher qu’un psy. Les effets de champs/contre-champs, plongée/contre-plongée rendent bien justice à cette idée. Qui regarde qui exactement ? Les ténèbres regardent-ils nos protagonistes ? ou l’inverse ?

Ce qui est intéressant dans la filmographie de Dante c’est cette obsession de la banlieue (américaine) en apparence si “parfaite”, les jolies maisons alignées, les jolis arbres qui bordent les rues, les jolies clôtures blanches. S’en dégage un sentiment de paix et d’harmonie. Mais les murs parfaits de ces maisons parfaites peuvent cacher de lourds secrets, voire des drames et Dante a cette volonté d’incruster un élément perturbateur dans cette apparente perfection. On retrouve cela également dans Les banlieusards (1989), les Gremlins (1984), Small Soldiers (1998).

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Passé la lecture du pitch, on démarre le film et toute une première partie utilise de bien trop grosses ficelles scénaristiques, du réchauffé (la famille qui déménage, l’ado en crise qui tombe amoureux de sa voisine etc…) qui peut inquiéter sur la suite des événements. Mais la découverte du trou amène de l’intérêt, des interrogations et un peu de suspens. Il semble que l’on parte à partir de là sur un véritable film horrifique, mais l’enthousiasme retombe assez vite tant Dante semble s’être bridé dans l’exercice. Un événement clé dans la narration fait passé du film d’horreur à un film d’aventure assez prévisible. La séquence finale plutôt épique vient relever le niveau et l’univers sombre et biscornu crée par Dante pour cette dernière partie est très réussi.

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Côté casting, les jeunes sont assez attachants mais leurs performances guère convaincantes hormis peut-être le jeune frère incarné par Nathan Gamble déjà à l’affiche de The Mist en 2007. On notera la présence de Dick Miller, acteur fétiche de Dante et Bruce Dern (qui avait travaillé avec Dante sur Les Banlieusards et Small soldiers)

Ne vous attendez pas à voir un film qui fait peur, The Hole est un film familial. Malheureusement, malgré un concept très intéressant, il en ressort que ce film est plus un hommage à un cinéma d’une autre époque qu’un film réellement abouti mais il reste un bon divertissement tout à fait regardable, vous passerez a priori un bon moment.

FONZI