Synopsis

Lors d’une expédition sur la planète Mars, un groupe d’astronautes y découvre ce qui semble être une bactérie extra-terrestre. A la suite d’un accident dont est victime l’un des membres de l’équipage, le groupe tente d’organiser les secours. Mais tous sont bien loin d’imaginer ce qui les attend au tournant…

La critique

The Last Days on Mars est le second long métrage de Ruairi Robinson après The Fallen (2012). Le film a participé à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2013 où il a reçu trois nominations et six autres à l’occasion du Festival Gérardmer 2014. Adapté d’une histoire courte intitulée The Animators signée de l’écrivain Sydney James Bounds, ce film nous offre un voyage en première loge sur la planète rouge alias Mars. ROBINSON n’est bien évidemment pas le premier à avoir bossé sur ce terrain. L’on pourra citer ici des classiques du genre Total Recall de Paul VERHOEVEN (même si l’action ne se déroule pas intégralement sur Mars, le film demeure une référence) ou encore Mission to Mars de Brian DE PALMA. Avec The Last Days on Mars, il faut bien souligner les efforts faits par le réalisateur pour plonger le spectateur dans l’espace aride et hostile de la planète. Les couleurs sont belles et les décors particulièrement soignés. Le spectateur accroche assez vite et se laisse volontiers embarquer dans cette épopée martienne non dénuée d’un petit suspense sympa au démarrage. Le casting offre quant à lui, des prestations tout à fait honorables avec des personnages suffisamment consistants pour être clairement identifiés.

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L’espace confiné du vaisseau associé au rythme plutôt lent notamment dans la première partie du film n’est pas sans rappeler l’univers d’Alien de Ridley SCOTT ou d’Event Horizon de Paul W.S ANDERSON. D’ailleurs, à l’instar de ses prédécesseurs, The Last Days on Mars est un film qui joue sur les frontières entre la science-fiction et l’horreur. La bascule dans l’horreur est ici matérialisée par l’apparition de zombies (en réalité, des membres de l’équipage transformés en morts-vivants à la suite d’une contamination par une bactérie extra-terrestre). Bref, à partir de là, le film change radicalement de nature et, dans la seconde moitié, le versant horrifique prend largement le pas sur l’ambiance SF du début. Le rythme s’accélère au fur et à mesure que les membres de l’équipage succombent les uns après les autres sans grande surprise. Malheureusement, le film n’évite pas certains écueils et c’est bien dommage eu égard aux efforts faits en terme de réalisation plutôt efficace dans le genre. Le premier écueil vient assurément d’un scénar’ qui n’évite pas le piège de la facilité et du linéaire. Tout s’enchaine sans surprise à partir de la découverte de la bactérie et de l’entrée en scène des zombies. L’idée même de ces zombies n’est pas du meilleur goût et fait redescendre le film au niveau d’une banale série B. L’autre écueil est la bascule dans le tout horrifique au détriment de l’ambiance plutôt sympa qui s’était bien installée depuis le début du film. Cette bascule casse tout et le spectateur décroche petit à petit en même temps que le manque d’originalité se fait sentir. L’effet immersion perd de son intensité et l’on ne peut s’empêcher d’éprouver une once de frustration pour ce qui aurait pu être un très bon film s’il avait été mieux négocié sur la longueur.

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L’atout majeur de ce film, vous l’aurez compris, reste avant tout les effets spéciaux à la hauteur d’un budget conséquent. Visuellement imparable, le film doit beaucoup à ses images et ses décors grandioses contribuant, dans une large mesure, à l’immersion du spectateur dans le désert flamboyant de la planète Mars. Mais là encore, ce qui vaut pour les décors ne le vaut pas forcément pour tout et le mauvais pendant reste ces fameux zombies de l’espace franchement mal fichus, pas effrayants pour un sou et finalement peu crédibles. On est bien loin des zombies signés Georges ROMERO. Sur Mars, la présence de ces êtres ne semblent avoir aucun sens ni aucune utilité. C’est là, à mon sens, la grande faiblesse de ce film que d’avoir cédé autant à la facilité là où il y aurait eu matière à pondre un scénar’ plus consistant pour être réellement intéressant. Le film de ROBINSON, malgré toutes ses nominations, n’est pas à la hauteur de ses ambitions et ne tient manifestement pas ses promesses. Au final, la déception du spectateur est d’autant plus grande que l’avant-goût laissait pourtant présager quelques belles surprises.

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Pour conclure, je dirais assez classiquement que le visuel ne suffira pas ici à rattraper les lacunes d’un scénar’ bâclé et c’est carrément dommage!

DARKO