Avec

 James Marsden, Amber Heard, Alexander Skarsgård, Greg Kinnear, Whoopi Goldberg

Année :

 2021

Pays :

 États-Unis

Durée :

 9 épisodes d'1h

Genre :

 Horreur, Fantastique, Drame

Production :

 CBS Studios

La sentence
 
Yeah !! ..ah bah non
Bande-annonce de The Stand

La série The Stand est l’adaptation en mini-série du roman de Stephen King du même nom, aussi intitulé Le Fléau pour la France. La parution du roman date de 1978 suivie d’une nouvelle édition revisitée en 1990. Ce roman avait déjà fait l’objet d’une première adaptation TV également sous la forme d’une mini-série réalisée en 1994 par Mick Garris, connu des fans de cinéma d’horreur pour ses adaptations de Stephen King et la création de la série Masters of Horror. Gary Sinise y tenait le rôle-titre, accompagné au casting par Molly Ringwald et Rob Lowe.

On ne compte plus vraiment les adaptations à l’écran de Stephen King qui est sans doute l’un des auteurs les plus prolifiques et les plus adaptés pour le meilleur et pour le pire, dirons-nous… Où se situe The Stand dans cette foultitude d’adaptations ? Certainement pas dans les chefs-d’œuvre inoubliables mais pas non plus dans les navets qu’on préfèrerait oublier. Réponse de suisse, je vous l’accorde.

Pour être totalement honnête, je n’ai pas lu le roman et j’ai vu l’adaptation TV il y a 25 ans et plus jamais depuis. Par manque d’occasion sans doute. Je ne vais donc pas faire un comparatif entre ces différentes versions qui amènerait sans doute au constat amer et au lieu commun disant que les adaptations filmiques ne sont jamais à la hauteur de leur origine littéraire. Je vais prendre cette mini-série simplement pour ce qu’elle est avec un œil neuf.

Alexander Skarsgård aka Randall Flagg

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette série tombe à point nommé dans le contexte sanitaire que l’on connaît depuis plus d’un an maintenant. C’est à se demander si cette pandémie mondiale n’est pas un coup de pub volontaire. En effet, cette série raconte l’histoire de survivants d’une catastrophe sanitaire décimant la quasi-totalité de la population hormis les personnes immunisées contre la maladie. Les survivants vont tenter de se regrouper, instinct grégaire quand tu nous tiens… Comme dirait Clint Eastwood, le monde se divise alors en deux catégories : les gentils et les méchants, respectivement appelés dans leurs rêves par Mère Abigail et Randall Flagg, mal absolu et personnage récurrent chez Stephen King. Ce manichéisme volontaire me gêne vraiment. Les gentils sont vraiment gentils, ont le sens moral, des valeurs, privilégient l’amour et les méchants sont des monstres de perversion, de décadence et de haine. Il n’y a pas d’entre-deux. Les méchants chez les gentils sont des infiltrés qui ne laissent aucun doute sur leurs mauvaises intentions. C’est beaucoup trop tranché et renforcé par toute cette imagerie religieuse. Dieu et ses anges Versus le Diable et ses démons. On peut reprocher énormément de choses à la série The Walking Dead, et je suis le premier à le faire mais le traitement des personnages me semble beaucoup plus subtil et intéressant. Rick, par exemple, flirte en permanence avec la folie et le côté obscur jusqu’à mettre les deux pieds dedans quand lui en prend l’envie.

L’autre chose qui m’a posé problème, comme souvent, c’est le rythme et la répartition sur les épisodes de l’intensité dramatique pour la faire monter jusqu’au dénouement final. Sur les trois premiers quarts de la série, on pose l’ambiance, les personnages, en faisant des allers-retours dans le temps pour mieux les comprendre. La série avance tout en prenant son temps et je trouve toujours pertinent de bien creuser ses personnages pour mieux s’y attacher et nous mettre en empathie avec eux. Cela donne beaucoup plus d’intensité au récit selon moi. Ici, l’intention était là mais nous restons clairement sur notre faim.

Harold & Frannie

Puis tout s’accélère brutalement et en un épisode l’affaire est pliée par une intervention assez inattendue et en rien liée à nos personnages… à ce compte là, pourquoi avoir attendu si longtemps pour régler cette histoire. Il y a un problème d’enjeu et de capacité ou plutôt d’incapacité des personnages à résoudre leurs problèmes. Fin brutale, mais qui avait au moins le mérite de conclure correctement cette série. Le problème, c’est cet épisode final supplémentaire écrit spécialement par Stephen King pour l’occasion et qui est un ratage total, qu’on se le dise. Il ne s’y passe rien et pire que rien, il arrive aux personnages principaux des péripéties totalement improbables dont on se serait aisément passé.

En dehors de ça, l’image est plutôt belle. On sent qu’il y a les moyens derrière en termes de production. C’est d’ailleurs confirmé par un casting de stars assez dense. Des stars comme James Marsden, Amber Heard, Alexander Skarsgard, Jovan Adepo… à croire que la pandémie n’a gardé en vie que les gens beaux. On peut compter quelques guest-stars en plus comme pour avoir un argument marketing supplémentaire avec Heather Graham, JK Simmons ou encore Ezra Miller dans un rôle totalement caricatural et improbable…Bref, un casting prestigieux, certes, mais mal exploité et avec un manque de charisme évident pour la grande majorité d’entre eux.

En bref, regardez cette série si vous aimez les univers post-apocalyptique, l’univers de Stephen King et Heather Graham mais ne vous attendez pas à un chef d’oeuvre avec de vrais partis pris de mise en scène et de scénario sous peine d’être largement déçus.

Si vous avez l’œil, amusez-vous à retrouver les caméos de Stephen King et Mick garris ! Sans compter ceux de The Rock et Tom Cruise, beaucoup plus évident et plutôt amusant. Surtout pour Tom Cruise qui se retrouve bien malgré lui être la source d’inspiration d’un des sbires de Randall Flagg.

FONZI

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