Avec

 Margot Robbie, Idris Elba, John Cena

Année :

 2021

Pays :

 Etats-Unis

Durée :

 132

Genre :

 Super-Héros

Production :

 DC Films

La sentence
 
Troma chez DC
Bande-annonce de The Suicide Squad de James Gunn

Beaucoup verront The Suicide Squad de James Gunn comme le pendant inversé des Guardiens de la Galaxie dont le réalisateur / scénariste était également aux commandes. Bien que la trame générale suive le même canevas qu’un Marvel, le réalisateur en propose une autre vision. Autre marque autre film. En effet, la principale influence de cette comédie d’action maline n’est pas Starlord mais définitivement The Toxic Avenger. Gunn apporte un sens de l’humour typique du film de série Z et un niveau de violence clairement hérité de ses années Troma Entertainment, rendant au passage un hommage sans équivoque à son mentor Lloyd Kaufman.

Pour la petite histoire, traversant une jungle qui grouille d’adversaires et de guerilleros à chaque tournant, une escouade de super héros bis est lancée dans une mission de recherche et de destruction, avec le seul Colonel Rick Flag pour les encadrer sur le terrain… et la technologie du gouvernement dans leurs oreilles, afin qu’Amanda Waller puisse suivre le moindre de leurs mouvements.

Tirant leçon de son piètre prédécesseur, The Suicide Squad en évite fort heureusement les écueils en recentrant notamment son histoire sur une petite poignée de personnages.Sans faire table rase du passé, il ne s’agit pas là d’un reboot, ce nouvel opus des super héros déjantés peut heureusement se voir de manière autonome pour le plus grand soulagement des spectateurs. 

La narration efficace permet en effet  une compréhension rapide du rôle de chacun sans entrer dans une présentation lourde qui aurait pesé sur le rythme soutenu choisi ici. Pas de fioriture dans l’histoire, chaque scène remplit son boulot et permet de caractériser rapidement les différents personnages même les plus insignifiants, preuve d’un soin particulier de James Gunn pour ses protagonistes.

Et le tour de force de cette production vient de cet équilibre étonnant entre une efficacité aseptisée et un sentiment de joyeux bordel. Le chaos est le choix esthétique de Gunn et diriger ce genre d’assaut sensoriel sans se perdre relève de la prouesse. Le réalisateur ne perd jamais les personnages dans l’action comme tant de pauvres blockbusters modernes ont tendance à le faire. On a à faire à une comédie d’action très bien calibrée alternant intelligemment moments humoristiques et éclats de violence intense, en tout cas pour du grand écran. Le Deadpool de Marvel peut aller se rhabiller. 

Bien qu’il reprenne les éléments caractéristiques du film de super-héros, James Gunn parvient toujours à en détourner les codes pour se les approprier et nous offrir à chaque tournant une surprise visuelle originale. Je pense notamment à la scène d’action superbement mise en scène, dans laquelle Harley Quinn défonce à elle seule toute une armée dans un univers d’animation féérique, montrant par la même la vision décalée du personnage dans une telle tuerie. Grand moment de cinéma.

Il parvient ainsi à surfer sur et mixer ce qui se fait de mieux dans l’histoire du cinéma de genre en ratissant large. Tout y passe. Matrix, Romero et films de Kaiju se côtoient, offrant au spectateur bien plus qu’un clin d’oeil tant James Gunn parvient à réinterpréter ses références avec une grille de lecture bien à lui.

Loin de l’effet de style peut être parfois forcé d’un Deadpool, The Suicide Squad propose une relecture originale de l’univers super héroïque et offre aux fans de genre une excellente production bis sur grand écran. On espère qu’il fera des petits. Courez en salle afin de soutenir un cinéma que l’on voudrait plus diffusé. Il le mérite.

VALG

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