Film découvert en avant-première lors de l’édition 2013 de l’Etrange Festival

Synopsis

Deux officiers de police enquêtent sur la disparition d’un élève. Sur leur chemin ils vont découvrir une collection de VHS, toutes plus horribles les unes que les autres.

Les réalisateurs

Le film voit le jour grâce à la collaboration d’une belle brochette de réalisateurs dont je ne détaillerai pas le parcours ici. En voici tout de même la liste accompagnée du film le plus marquant de chacun, histoire que vous ayez une petite idée de ce qui pourrait vous attendre.

– Eduardo Sanchez et Gregg Hale (Le Projet Blair Witch)
– Gareth Evans (The Raid)
– Jason Eisener (Hobo with a shotgun)
– Timo Tjahjanto (Macabre)
– Simon Barrett et Adam Wingard (You’re next)

La critique

Ou devrais-je dire les critiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que VHS 2 est une oeuvre collective, un film à sketchs. Cette bande sur laquelle chacun des réalisateurs s’est bien fait plaisir tourne autour d’une thématique pas toujours clairement avérée, celle du zombie ou du moins du mort qui revient à la vie d’une manière ou d’une autre.

Seule exception, le court Slumber Party Alien Abduction qui sort du lot et pas en bien malheureusement. J’en parlerai plus bas.

Je vais donc faire un tour d’horizon de chaque segment de cette bande fauchée mais plutôt ingénieuse avant d’en donner un avis global. Je vais garder le meilleur pour la fin et commencer par le plus mauvais. Petite précision, l’ensemble surfe sur la vague du Found Footage (je vous avais dit que c’était fauché) et est donc entièrement filmé en caméra subjective.

Slumber Party Alien Abduction réalisé par Jason Eisener

VHS 2 de Simon Barrett, Adam Wingard, Eduardo Sánchez, Gregg Hale, Gareth Huw Evans, Timo Tjahjanto, Jason Eisener (2013) - Critique

De charmants bambins, dont les parents sont allés passer un weekend « crac-crac », en profitent pour faire la chouille et se font enlever un à un… par des ET. Où sont les revenants là dedans ? Bah justement je n’en sais rien et c’est bien le problème. De plus, comme si les grands hommes blancs (ils ne sont ni verts ni petits ici) avaient besoin que les parents fassent le mur pour enlever des gosses. En résumé, pas grand chose à dire. Rien n’est cohérent et accrocheur. Lorsque vous tomberez sur ce segment, ce sera le moment d’aller aux toilettes sans mettre pause.

Safe Haven réalisé par Gareth Evans et Timo Tjahjanto

VHS 2 de Simon Barrett, Adam Wingard, Eduardo Sánchez, Gregg Hale, Gareth Huw Evans, Timo Tjahjanto, Jason Eisener (2013) - Critique

Un groupe de journalistes investit une dangereuse secte indonésienne.
Pas mauvais en soi, ce court souffre peut être un peu trop de son extravagance. Le réalisateur condense ici tout ce qu’il aime, y met pas mal, même trop de références. L’ensemble est tout de même bien amené. On sent que quelque chose va se passer mais on ne sait absolument pas quoi.

De Rosemary’s Babie aux films de Zombies en passant par Doom le jeu vidéo et ses déclinaisons, ce segment se regarde avec plaisir. On flippe un peu mais on se marre surtout devant le jeu outrancier du minuscule gourou qui sait jouer du cutter quand il le faut.

A Ride in the Park réalisé par Gregg Hale et Eduardo Sánchez

VHS 2 de Simon Barrett, Adam Wingard, Eduardo Sánchez, Gregg Hale, Gareth Huw Evans, Timo Tjahjanto, Jason Eisener (2013) - Critique

Un jeune homme s’en va un matin faire un petit tour de VTT dans la forêt et se fait mordre par un zombie. Ce court sans être excellent du point de vue écriture scénaristique a le mérite d’être plutôt ingénieux. La caméra subjective y est savamment utilisée via une goPro efficace. Pour les non connaisseurs (bouuuuuuu) la goPro est la mini caméra que les « glisseurs » placent souvent sur leur casque pour partager et revivre leurs sensations et performances.

Du coup, on partage de fait la vie (?) d’un zombie le temps d’un segment filmé. Toutes les scènes classiques du genre sont passées en revue mais sous un jour nouveau. C’est drôle, tordant même et bien crade. Pour celui-ci, vous devrez mettre en pause si vous n’avez plus l’écran devant les yeux.

Phase I Clinical Trials réalisé par Adam Wingard

VHS 2 de Simon Barrett, Adam Wingard, Eduardo Sánchez, Gregg Hale, Gareth Huw Evans, Timo Tjahjanto, Jason Eisener (2013) - Critique

Suite à un accident, un homme se fait greffer un oeil dont les données sont enregistrées. L’oeil est pour un temps une caméra qui permet d’attirer et de voir les morts de son entourage.
Le procédé de la première personne est également très bien employé et justifié dans ce court-métrage. Elle est le point de départ de l’histoire, son moteur. Le traitement choisi est ici optimal.

Contrairement à celui évoqué précédemment, ce film n’est pas drôle du tout pour le coup. Il est même bien flippant. Pourtant rien d’exceptionnel. Simplement des effets maîtrisés, des fantômes qui apparaissent au moment où on si attend le moins. La photographie est magnifique et joue suffisamment des ombres pour garder le mystère nécessaire aux moments qui vont te faire transpirer du derrière.

Et surtout, ça ne s’arrête jamais. Un peu comme un manège qui décoiffe, c’est bref mais intense. Lorsque ça part, tu es accroché à ton fauteuil jusqu’à la fin. L’ensemble va crescendo et le réalisateur parvient à nous couper le souffle durant un bon moment. C’est LA perle de ce film collectif.

Le tout est orchestré autour d’un fil rouge Tape 49 réalisé par Simon Barrett que je ne souhaite même pas détaillé ici tant il est insignifiant.

Alors bon ? Pas bon ? Perso, j’adore le format court qui correspond très bien au genre. Cela oblige souvent le réalisateur à faire preuve de créativité. Il permet d’éviter les longueurs et offre généralement le champ libre aux idées les plus délirantes qui soit. La contrepartie reste l’inégalité de chacune des productions. On est tout à fait dans ce cas de figure. Globalement pas mauvais, on passe un bon moment. A voir accompagné, en vue d’une bonne soirée bière/pizza/bière.

VALGUR