Avec

 Hannah Emily Anderson, Joey Klein, Brittany Allen

Année :

 2018

Pays :

 Canada

Durée :

 99 min

Genre :

 Thriller, Horreur

Production :

 Digital Interference

La sentence
 
L'amour à mort
Bande-annonce de What keeps you alive

Colin Minihan n’en est pas à son coup d’essai. Il nous avait déjà livré précédemment Grave Encounters en 2011 sous le nom de The Vicious Brothers (sa collaboration avec Stuart Ortiz) et plus récemment Bloody Sand mettant déjà en scène l’actrice Brittany Allen que l’on va retrouver dans What keeps you alive.

Ce film démarre sur l’arrivée de Jackie et Jules dans un coin reculé pour célébrer leur premier anniversaire de mariage. C’est à cet endroit que Jules et son père allaient chasser lorsqu’elle était petite. La maison est isolée, il n’y a personne à la ronde hormis la luxueuse demeure de son amie d’enfance de l’autre côté du lac. Toutes les conditions sont réunies pour un week-end idyllique en amoureuses. Mais on se doute que tout ne va pas se dérouler aussi bien que prévu…

What keeps you alive est un pur survival qui ne s’embarrasse pas d’une introduction ou d’une mise en contexte anecdotique et nous plonge très rapidement au cœur de l’action. L’intégralité du film se déroule dans ce coin de nature sauvage. Une grande forêt, un lac immense séparant les deux seules maisons à des kilomètres à la ronde. Le décor est planté. Un décor parfait de film d’horreur qui, à sa simple évocation, peut déjà donner quelques sueurs froides. Ce qui crée avant tout ce sentiment, c’est ce silence pesant et cet isolement total. Notre imaginaire fait le reste. C’est là toute l’ambiguïté d’un tel lieu. A la fois lieu paisible romantique et idyllique pour qui apprécie le calme et la tranquillité et potentiellement lieu de cauchemar absolu.

Jackie & Jules

Colin Minihan a une volonté affichée de surprendre le spectateur et ça marche !…au début. Une certaine tension s’installe à partir de la visite d’une amie d’enfance habitant sur l’autre rive du lac. On sait pertinemment que quelque chose va arriver sans pouvoir mettre le doigt dessus. Une mauvaise rencontre dans la forêt à la manière de Délivrance ? En quelque sorte oui… mais personne ne fait la truie dans ce film ou ne joue du banjo, ne soyez pas déçus. Une des forces de ce long métrage, c’est cette tension permanente qui nous tient en haleine et ne nous lâche plus. Brittany Allen, que je ne connaissais pas, joue cette tension avec beaucoup de justesse et d’intensité dans le regard. Même si certains de ses choix dans ce scénario semblent invraisemblables à la limite de la caricature, c’est bien sur elle que tout repose. L’agresseur n’a pas grand intérêt je trouve, on ne sait pas ce qui motive vraiment ses actes. Un personnage psychopathe dépourvu d’émotions à la personnalité plus sombre que la nuit… cela semble un peu facile. Mais au final, ce qui nous intéresse ici, c’est surtout la traque d’une proie par un dangereux prédateur, le reste n’est que pure futilité…ou pas. Petit bémol pour les longueurs dont souffre parfois ce film, notamment dues au double twist qui donne le sentiment que ce film piétine par moments.

Petite parenthèse. Jackie et Jules forment un couple lesbien. C’est assez rare dans ce type de films pour être souligné. De la même manière qu’un couple hétéro n’aurait suscité aucun étonnement particulier, ici nous suivons les mésaventures de ce couple sans que l’homosexualité ait un quelconque besoin de justification dans l’histoire. Ça ne semblait pas forcément envisageable il y a encore quelques années et potentiellement moins vendeur. C’est sans doute un peu démagogique de ma part mais je trouve que c’est la preuve d’une certaine ouverture d’esprit des auteurs et il faut probablement s’attendre à voir de plus en plus de LGBT dans le cinéma de genre à venir aussi naturellement que c’est censé l’être. Bref, je ferme cette parenthèse.

Côté mise en scène, le film est visuellement très efficace dans la mise en relief des émotions de ses personnages. L’image est superbe, soulignée par de magnifiques jeux de lumière et bien aidée par ce somptueux décor. Minihan fait preuve d’inventivité à la caméra, ce qui donne une dynamique certaine à ce long métrage. Citons par exemple les plans séquences du dîner ou encore cet affrontement se déroulant à l’étage et suivi depuis le rez-de-chaussée par la principale protagoniste.

Bref, pour conclure, What keeps you alive est un bon film dans son genre. Il comporte bien sûr certains défauts mais se regarde sans peine et vous réfléchirez peut-être à deux fois avant de passer un week-end romantique dans une maison isolée en pleine forêt…

Le film est disponible sur Shadowz à partir du 26/02.

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