Fiche technique

Court-métrage écrit et réalisé par Paul Lannelongue et Joe Buso et produit par Les Films Guacamole.

Synopsis : Louise, Sam, Alain et Sophie partent randonner en forêt. Alors qu’ils pensaient pouvoir communier avec la nature, ils sont attaqués par des activistes écologistes transformés en zombies par du Glyphosate 8000.

Genre : Horreur – Fantastique – Zombie – Teen movie

Thèmes : Environnement – Pollution – Surconsommation – Addiction Numérique

Avec Amandine Silvestri, Virginie Lannelongue, Jean Laudouar & Damien Delage

Musiques originales : Los Dos Hermanos // Mac Lovin

Notre avis

Court métrage qu’on pourrait presque qualifier de fan film, Zombiphosate séduit à la fois par sa légèreté et son hommage au genre de film de zombie ancré dans un contexte actuel rapidement balayé il faut l’avouer par les scènes d’attaques zombiesques. L’équipe arrive à condenser en quelques minutes l’essence même de ce qui fait le film de zombie. On est certes loin d’un chef-d’oeuvre mais ce petit métrage se laisse regarder avec plaisir. 

De plus, la forêt, lieu typique du film fauché prend ici tout son sens par l’isolement qu’elle met en place et l’ambiance anxiogène qu’elle crée. Le spectateur sait d’emblée que le groupe est perdu et enfermé dans ce lieu déserté où ne rôdent plus que des morts affamés. Malgré le thème, le film reste visuellement sobre à l’image de son histoire. Que ce soit par manque de moyen ou par choix, là où beaucoup se seraient casser les dents, l’équipe de Zombiphosate joue subtilement (?) de cette sobriété en surprenant, par des apparitions inattendues des bouffeurs de cervelles, nos malheureux héros aussi bien que le spectateur, tout le monde étant dans la même galère. Le final semble élargir son hommage aux films d’horreur des années 70-80 notamment aux productions italiennes. Les couleurs très marquées et qui tranchent avec le reste du film ne sont pas sans rappeler celles d’un Dario Argento, Mario et Lamberto Bava.  

Un bon mini film sympathique à apprécier en apéro au fond du canapé.

L’équipe des Films Guacamole

L’interview

Pourriez-vous nous faire une petite présentation des films Guacamole ?

Les films Guacamole, c’est un collectif qui écrit, réalise et diffuse ses propres films. Il compte une dizaine de personnes qui gravitent autour des deux réalisateurs de Zombiphosate (Paul Lannelongue et Joe Buso).

On fait tout nous-même, de la prise de son au faux sang pour le tournage et les prises de décisions se font collectivement.

Photo Zombiphosate

Combien de temps avez-vous mis à réaliser Zombiphosate ?

L’écriture du scénario a débuté en avril et le tournage a commencé fin octobre 2019. Le script a demandé de longues heures d’entretien au téléphone entre les deux réalisateurs (l’un habite en région parisienne, l’autre près de Bordeaux) et de séances de travail afin de penser à chaque détail.

Virginie Lannelongue, qui joue Sophie dans le film, a assuré les répétitions sur Paris avec les comédiens.

Nous avons tourné sur une journée dans la forêt de Fontainebleau.

Concernant le montage et la post-production ça nous a pris 4 mois pendant notre temps libre.

Quelles sont vos principales influences ?

Pour ce film de zombies nous avions forcément les œuvres de Romero en tête mais aussi des films plus récents comme Shaun of the dead ou 28 jours plus tard. Ce dernier film nous a vraiment influencé concernant les caractéristiques des morts-vivants. Nous voulions en effet des zombies rapides, mais aussi attirés par les nouvelles technologies (l’un d’eux se détourne du bras d’un randonneur pour attraper son téléphone) et consommateurs.

On peut penser aussi aux films Troma comme The Toxic Avenger où la peur du nucléaire nourrit l’intrigue du film. Dans Zombiphosate, c’est la peur des produits phytosanitaires, ici le glyphosate, qui transforme les humains en monstres. C’est une peur actuelle, partagée par un grand nombre de personnes et on pense qu’un film d’horreur peut être le terrain pour souligner ces craintes.

Outre ces films, nous sommes très fans de slasher, giallo, série B des années 50 et 80, des films de Carpenter, Wes Craven, Hitchcock…

Photo Zombiphosate 2

Quelles ont été les difficultés de tournage ?

Nous n’avions pas l’autorisation pour tourner ce film dans la forêt et nous disposions de peu de temps, en ce sens on se rapproche du cinéma de guerilla qu’on apprécie beaucoup.

On a tourné sur un week-end car nous travaillons tous la semaine. Le tournage a débuté très tôt le samedi mais la météo ne nous a pas permis d’envisager une deuxième journée. Nous avons donc supprimé la pause déjeuner et mis dans la boîte toutes les scènes en une seule journée. C’était une journée très intense mais sans aucune tension. Le fait de faire partie d’un collectif nous unit énormément, on voyait ce film comme un projet commun à réussir à tout prix. On était donc tous très excité pour faire au mieux.

Parfois, des familles de randonneurs passaient à côté de nous pendant que nous étions grimés en zombies… C’était assez drôle !

Avez-vous eu recours à des experts en maquillage ?

Virginie (Sophie dans le film) s’est renseignée pendant l’écriture du scénario pour nous transformer en zombies (maquillage du visage, création de faux sang, plaies…). Elle avait un kit de préparation avec elle toute la journée et pendant qu’elle ne jouait pas elle maquillait les comédiens. Elle a fait un boulot impressionnant et elle continue ce double job sur nos autres tournages.

Photo Zombiphosate 3

Pensez-vous aller plus loin dans la réalisation de ce type de métrage avec une diffusion plus classique via des festivals de genre par exemple ?

Nous avons commencé à démarcher des festivals de genre en France et à l’étranger, c’est la première fois qu’on fait ça, donc on découvre.

En février dernier on a tourné un Slasher, Joe est en train de finir de le monter.

Notre objectif est de continuer à réaliser ce type de films en espérant un jour pouvoir faire un long-métrage.

Plus techniquement, quel a été votre process de réalisation pour Zombiphosate, les outils que vous utilisez ?

Pour la technique on a tourné avec une Canon C200 en Rawlight et un Ronin pour le plan séquence de l’intro et les plans stabilisés du début avant l’arrivé des zombies. Sinon tout le reste est tourné caméra à l’épaule. On a plus ou moins tout tourné dans l’ordre chronologique de l’histoire. On avait écrit un découpage précis des plans que l’on voulait tourner. On l’a bien suivi jusqu’à la scène de l’attaque des trois zombies où la contrainte de temps et de décor nous ont poussés à improviser et s’adapter.


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